Bonjour à tous !
Ce petit billet est dédié à C.F. et à M.L., en espérant qu'ils se reconnaîtront et en feront leur miel.
Je sais, je me fais rare... Mais je dois rendre ma copie fin novembre, et je corrige, j'enlève quelques petites choses par-ci, j'en rajoute par-là... et pour me délasser, je lis James Matthew Barrie, et
Raymond Chandler. Figurez-vous que je dois me battre pied à pied pour que le jeune héros de mon roman continue à lire du
Chandler. Ça m'agace. Alors pour narguer un peu ceux qui tiennent à faire sauter ce nom (qui ne sautera pas, je suis têtue !), j'ai décidé de vous parler de cet auteur que je vénère, bien qu'il soit mort depuis un bail. J'ai fait sa connaissance (pas en chair et en os, je ne suis pas si veinarde) à l'âge de 14 ans. Sa fréquentation m'a fait un bien fou, tant il était élégant, spirituel. Assez vite, je me suis aperçue que ses livres étaient mieux traduits par Boris Vian... Ce qui limitait le choix, à moins se pouvoir se délecter en anglais (problème récurrent chez moi !) de son style inimitable. Donc Holly, après avoir traduit tout Barrie et tout Lewis Carroll, que dirais-tu de t'attaquer à Chandler ?
Si j'ai décidé de vous parler aujourd'hui de mon ami Raymond Chandler (car tous les écrivains qui m'ont un jour consolée deviennent mes amis, même si la majeure partie l'ignorent parce qu'ils sont morts, et que les vivants ne le savent pas non plus, pour la plupart, étant donné qu'on ne s'est rencontrés qu'à travers leurs livres...), c'est parce que je viens de tomber sur sa correspondance, qu'on ne trouve plus guère qu'en occasion, et que c'est une mine d'or.

Il y parle de lui, de ses amis, de sa femme qu'il a aimée jusqu'à sa mort et dont il disait :
"Ce n'est pas par principe que j'ai été fidèle à ma femme mais parce qu'elle était tout à fait adorable, et que je n'ai jamais été touché par ce besoin de changement qui afflige beaucoup d'hommes à un certain âge, quand ils croient avoir manqué beaucoup de jolies filles. J'avais déjà trouvé la perfection. Plus jeune, elle avait des accès soudains et brefs de mauvaise humeur, et elle me lançait des oreillers à la tête. Cela me faisait juste rire, j'aimais cette fougue. [...] Et elle gagnait toujours, non pas parce qu'elle usait délibérément de son charme au moment crucial, mais parce qu'elle était simplement irrésistible sans même le savoir ou s'en soucier. Et il lui a fallu mourir centimètre par centimètre. Je suppose que, d'une manière ou d'une autre, il faut payer."Avouez que c'est à tomber, même si la fin est tout à fait glaçante.... Allez, une petite dernière à propos de sa femme perdue :
" Pendant trente ans, elle fut le battement de mon cœur. Elle était cette musique que l'on entend, au bord de l'inaudible. Mon plus grand regret, maintenant inutile, est de n'avoir jamais rien écrit digne de son intérêt, de ne pas avoir fait un livre à lui dédier. J'y ai songé, mais je ne l'ai pas fait. Peut-être n'aurais-je pas pu l'écrire. Peut-être comprend-elle maintenant que j'ai essayé, et que le sacrifice de plusieurs années d'une carrière littéraire assez insignifiante m'a semblé un petit prix à payer, si j'ai pu la faire sourire quelques fois de plus."Il y a vraiment de quoi émouvoir un fantôme, non ? On a pu appeler Chandler "
le gentleman de Californie", et il ne l'avait pas volé. Les gentlemen, les vrais, ont toujours été une espèce rare... Voyez comme je suis maligne. Je vous ai attachés d'office à la personne de Chandler. Au moins les filles. Je me trompe ?
Mais il y parle surtout de son métier, et il est certain qu'il avait plus d'un tour dans sa manche, une idée claire de ce que devait être un bon livre, une dent contre les interviews et les classifications littéraires... bref un homme d'une sympathie exquise.
D'abord, voici comment Chandler décrivait son personnage, le célèbre détective Philippe Marlowe :
"Le long de ces rues vicieuses, un homme doit marcher, qui n'est pas lui-même vicieux, ni souillé, ni craintif... Il est le héros ; il est tout. Il doit être un homme complet et un homme commun et, cependant, un homme inhabituel. [...] Il doit être le meilleur dans son monde et suffisamment bon pour n'importe quel monde. Je me fous pas mal de sa vie privée ; ce n'est pas un eunuque ni un satyre ; je pense qu'il pourrait séduire une duchesse et je suis sûr qu'il n'abîmerait pas une vierge ; s'il est un homme d'honneur dans son domaine, il l'est dans tous.
" C'est un homme relativement pauvre, sinon il ne serait pas détective. C'est un homme du peuple, sinon il ne pourrait pas se mêler au peuple ; il possède une certaines psychologie des hommes, sinon il ne pourrait pas exercer son métier. Il n'acceptera pas de l'argent malhonnêtement et il n'acceptera aucune insolence. [...] C'est un homme solitaire et fier et il attend de vous que vous le traitiez en homme fier, sinon vous serez désolé de l'avoir jamais rencontré. Il parle le langage de son temps — c'est à dire avec un humour brutal, un sens vivant du grotesque, le dégoût de la vulgarité, le mépris de la petitesse.
" Notre histoire est l'aventure de cet homme à la recherche d'une vérité cachée et ce ne serait pas une aventure si elle n'arrivait pas à un homme fait pour l'aventure." Lui-même était né à Chicago en 1888, mais il était parti à l'âge de huit ans pour Londres avec sa mère divorcée, et quand il regagna les Etats-Unis à l'âge de vingt-quatre ans, il avait assimilé toute une culture classique et européenne, qui lui donnait certaines armes pour se défendre, par exemple, contre les correcteurs des maisons d'édition (non, je ne jubile pas en écrivant ça) :
"Veuillez, écrivait-il,
présenter mes devoirs au puriste qui lit vos épreuves et lui dire que j'écris une espèce de patois un peu comme la langue parlée par un maître d'hotel suisse, et que lorsque je semble faire des fautes de grammaire, nom de Dieu c'est exprès, et quand j'interromps le développement velouté de ma syntaxe plus ou moins élégante avec un mot ou deux de l'argot des bars, je fais ça avec les yeux grands ouverts, l'esprit tranquille mais sur le qui-vive. La méthode n'est peut-être pas parfaite, mais je n'ai pas mieux. Je trouve que votre correcteur est bien gentil de vouloir me remettre dans le droit chemin, et je lui suis bien reconnaissant, mais je crois être capable de me diriger tout seul, à condition d'avoir les deux trottoirs et la chaussée à moi." Vous comprenez, j'en suis sûre, pourquoi je me détends beaucoup, ces temps-ci, à la lecture de Chandler...
Cet auteur dont la valeur n'est plus à prouver se battait contre les classifications littéraires, ce qui me parle en profondeur : je veux dire par-là qu'aujourd'hui, quand vous entrez dans une librairie, si vous cherchez le rayon fantastique par exemple (exemple tiré au hasard, bien sûr), vous avez le choix entre l'héroïc Fantasy (Tolkien, Robin Hobb et autres bons auteurs, mais qui n'appartiennent en rien à la définition historique du fantastique), de la science fiction (Ah, Frank Herbert...) et de l'horreur. Mais Edgar Poe, Balzac, Mary Shelley, tout ça, vous pouvez toujours chercher, vous les trouverez en littérature classique. Ce qui est bien, mais alors que fiche Stephen King sur l'étagère horrifique, dans ce placard où des couvertures noires et moches découragent les lecteurs émotifs, alors que c'est un écrivain, un vrai, et que nombre de ses livres épuiseraient plusieurs catégories à la fois ?

Et le polar, parlons-en, puisque Chandler en est un des maîtres incontestés.
La peau de Chagrin est un polar, certains romans de Zola aussi. Sans parler du
Nom de la Rose, ni prétendre épuiser la liste.
Mais non, l'étiquette polar, comme toutes ces étiquettes dont chacune est plus imbécile que l'autre, est réservée aux auteurs décrétés "mineurs", au nom d'un snobisme littéraire tellement stupide que je vais laisser Chandler vous en parler mieux que moi :
"Tous ces gens que l'on rencontre aujourd'hui, qui ont reçu une éducation et sont à demi-illétrés, me répètent tout le temps ce genre de choses : "Vous écrivez si bien que vous devriez vous mettre à un roman sérieux." Ils se croiraient sans doute insultés si on leur faisait remarquer que le fossé artistique entre un très bon roman policier et le meilleur roman sérieux de ces dix dernières années est à peine mesurable, comparé au fossé qui sépare ce roman sérieux d'une œuvre quelconque représentative de la littérature grecque au quatrième siècle avant Jésus Christ."
Voilà qui remet les choses bien à leur place, n'est-ce pas ?
Je ne résiste pas à vous faire lire la réponse qu'il envoya à son ami Erle Stanley Gardner, qui se plaignait d'écrire des nullités :
"... Je m'adresse maintenant à la Cour, à propos d'un certain Gardner, auteur de fictions policières. La masse des lecteurs est, en mettant les choses au mieux, adolescente... [...] Et il est évident que, puisqu'on a enseigné à lire de force à ce public, il voudra, entre deux tentatives pour ingérer le dernier best-seller "sérieux", lire des livres qui l'amusent ou le passionnent. Aussi [...] il s'adressera avec soulagement à celui qui raconte une histoire et rien d'autre. En conclure que ce que cet homme écrit ne saurait être de la littérature revient à dire qu'un livre ne peut être bon si vous avez envie de le lire.
Quand un livre, n'importe quelle espèce de livre, atteint un certain degré de réussite artistique, c'est de la littérature. Cette intensité peut être affaire de style, de situation, de caractère, de ton d'émotion, ou d'idée, ou d'une demi-douzaine d'autres choses. Cela peut également être une parfaite maîtrise du mouvement de l'histoire, comparable à la maîtrise qu'un grand joueur de base-ball a de la balle. C'est à mon avis la qualité que vous possédez plus que tout autre...
[...] Donc, plus de ces blagues du genre de "en tant que littérature, ce que je fais ne vaut pas un clou"."Voilà qui devrait consoler bien des auteurs à succès vilipendés par la critique ( parce qu'il faut bien qu'elle s'amuse, et qu'il est toujours plus valorisant de tailler dans un auteur à coups de serpe que de dire son admiration pour quelqu'un, et que ce soit crédible sans être mièvre ou plat). Il y a toujours une raison au succès, et ce n'est pas forcément un "malentendu", comme certains voudraient le croire.
Enfonçant le clou, Chandler ajoute plus loin :
"Je crains que notre goût de la classification ne soit trop fort. Je crains que notre ignorance intellectuelle fondamentale ne soit trop grande. [...] J'admets que trop de romans policiers sont médiocres, mais si l'on est un peu difficile, il y a trop de livres médiocres dans tous les genres. Mais le plus mauvais d'entre nous s'arrache les tripes à chaque chapitre. Et à chaque nouveau livre, le meilleur d'entre nous repart à zéro.
[....] Il se trouve que je suis un des veinards, et, croyez-moi, il faut vraiment de la veine..." Bon, on a parlé de choses sérieuses, là, mais je ne voudrais tout de même pas oublier l'humour ravageur de Chandler. Sa correspondance est truffée d'humour. Il reproche à certain auteur de ne s'être pas assez documenté sur les poisons et leurs antidotes, en profitant pour livrer le fruit de ses propres recherches... et je ne résiste pas au plaisir de vous citer certaines de ses
Remarques sur le roman de mystère, écrites en 1949:
"1. La situation originale et le dénouement doivent avoir des motifs plausibles. On doit y trouver les actes plausibles de personnages plausibles dans une situation plausible, en se souvenant que la vraisemblance est en grande partie une question de style. Cela interdit la plupart des fins truquées, et ces histoires où l'on prétend "boucler la boucle", et dans lesquelles le personnage le moins probable se révèle être le criminel, sans pour autant convaincre personne. [...]
2. Il ne doit pas y avoir d'erreurs techniques sur les méthodes de meurtres et d'enquête. On ne doit pas utiliser de poisons fantastiques ou se tromper sur la dose mortelle etc. On ne doit pas mettre de silencieux sur un révolver (parce que ça ne marcherait pas, puisqu'il y a discontinuité entre le canon et le barillet), on ne doit pas voir de serpents grimpant à des cordons de sonnette. [...]
5. Le dénouement idéal, c'est celui où tout s'éclaire au cours d'une scène fulgurante. D'autres bonnes idées sont toujours rares, et un écrivain qui réussit cela mérite d'être félicité. Il n'est pas nécessaire que l'explication soit courte, et c'est souvent impossible. Ce qui importe, c'est que cette explication soit intéressante en elle-même, quelque chose que le lecteur attend avec impatience, et non pas une nouvelle histoire avec tout un groupe de personnages nouveaux ou méconnaissables, entraînés là pour justifier une intrigue qui fait eau. [..]
6. [...] Cela flatte la vanité du lecteur d'avoir un peu éclairci le brouillard. L'important, c'est qu'il reste un peu de brouillard à la fin, pour que l'auteur puisse le disperser. [...]
9. Il faut que d'une façon ou d'une autre le criminel soit puni, pas forcément par un tribunal. Contrairement à la croyance populaire, cela n'a rien à voir avec la moralité. Cela fait seulement partie de la logique du genre. C'est comme une dissonnance qui irrite." 
Et il ajoute, le rusé personnage :
"l'amour affaiblit presque toujours un roman policier, car cela introduit une sorte de suspense contraire à la lutte du détective pour résoudre le problème. Cela truque les cartes, et neuf fois sur dix, au moins deux suspects inutiles sont éliminés. La seule forme d'amour efficace est celle qui ajoute un élément de rique personnel pour le détective. Mais en même temps, on sent instinctivement qu'il ne s'agit que d'un simple épisode. Un bon détective ne se marie jamais."

Pour terminer en beauté, quelques morceaux choisis de ses romans, quand même ! Afin que ceux qui ne le connaissent pas encore rencontrent Philippe Marlowe, et puissent savourer cette "magie" de l'écriture chandlerienne que seule Boris Vian a su approcher, car c'était un poète et un musicien ayant l'attention et l'amour requis pour entendre et traduire la musique de l'autre. J'ai beaucoup cité la correspondance de Chandler, parce qu'elle le méritait et qu'on ne la trouve plus en librairie... pour les romans, je ne vais vous offrir que de courts extraits, tous traduits par Boris Vian, histoire de vous allécher et d'allonger votre LAL....
Les premiers extraits sont tirés de
la Dame du Lac, publié en 1943 :
"Je lui fis un sourire méchant. La petite blonde dressa l'oreille, un petit coquillage rose, et sourit, d'un sourire doux comme un duvet. Elle paraissait enjouée et empressée, mais pas très sûre d'elle. Tout à fait le petit chat débarquant dans une maison où l'on se fout éperdument des petits chats."
"Les minutes défilaient sur la pointe des pieds, un doigt sur les lèvres. J'avais beau examiner l'endroit : on ne pouvait rien en dire." "Même en faisant tous mes efforts pour être gentil, je finis toujours le nez dans la mélasse et le pouce dans l'œil de quelqu'un." "M. Grayson était un long bonhomme voûté au visage jaune, avec des épaules en porte-manteau, des sourcils hérissés et presque pas de menton. Le haut de sa figure parlait affaires et le bas fichait le camp. Il portait des lunettes à double-foyer et il grignotait d'un air maussade les dernières nouvelles du soir." "Nous atteignîmes la longue montée de San Dimas qui mène jusqu'à une crête et redescend sur Pomona. C'est la limite des brouillards et le commencement d'une région à moitié désertique où le soleil est sec et léger comme du vieux porto, le matin, aussi chaud qu'un haut-fourneau à midi et s'effondre comme un type en colère au crépuscule."
"Doucement, Degarmo me demanda :
— Mon vieux, comment vous êtes-vous arrangé pour vivre aussi longtemps ?
Je répondis :
— En ne gobant pas toutes les blagues et en ne me laissant pas trop impressionner par les durs professionnels." Mon dernier choix livresque du jour sera
le Grand Sommeil.

Une anecdote est restée fameuse à son sujet : lors de son adaptation au cinéma, Humphrey Bogart, qui jouait Marlowe, demanda à Chandler "qui avait fait le coup, finalement", parce que cette question le travaillait depuis le début du tournage. L'écrivain lui rétorqua qu'il n'en avait aucune idée...
Alors que Marlowe rend visite au vieux général Sternwood, à demi-paralysé, le détective l'interroge sur ses deux filles :
"— Dois-je rester poli ? demandai-je. Ou puis-je simplement me montrer naturel ?
— Je n'ai pas remarqué que vous souffriez d'aucune inhibition, monsieur Marlowe.
— Vos deux filles ont-elles l'habitude d'être ensemble ?
— Je crois que non. J'ai l'impression qu'elles vont à leur perte, séparément, par des routes légèrement divergentes. Vivian est gâtée, exigeante, intelligente et parfaitement impitoyable. Carmen est une enfant qui aime arracher les ailes aux mouches. Ni l'une ni l'autre n'ont plus de sens moral qu'une chatte." Et le vieux général d'ajouter :
— "Si je vous semble un peu sinistre comme père, monsieur Marlowe, c'est parce que le lien qui me rattache à la vie est si frêle que je peux me permettre d'éviter l'hypocrisie victorienne.
[...] Je n'ai pas besoin d'ajouter que l'homme qui a la faiblesse de devenir père pour la première fois à l'âge de cinquante-quatre ans n'a que ce qu'il mérite."
Allez, deux petites dernières, pour finir en beauté : la première tirée toujours du Grand Sommeil, la seconde... de
The king in yellow :
« Les cadavres sont plus lourds que les coeurs brisés. » « Je suis un buveur occasionnel, le genre de type qui sort boire une bière et qui se réveille à Singapour avec une barbe. »
Ici, parlait-il de Marlowe, qui a une bonne descente, ou de lui, plutôt?... Je penche pour la deuxième solution, mais avec ce pince-sans rire, allez savoir !
Dans la préface à sa correspondance, j'apprends que Raymond Chandler, ce grand sentimental à l'humour féroce, mourut à soixante-huit ans,
"de fatigue, de vieillesse, de pneumonie, d'alcoolisme, de solitude et d'abandon." Gilles Deleuze disait que certains écrivains, en particuliers les auteurs américains, épuisent leur propre existence en se tuant à la tâche, pour ainsi dire. Parce que leur lucidité et leur sensibilité au monde ont un prix. Parce qu'il faut bien quelques cigarettes, quelques verres d'alcool fort pour éponger tant de chagrins et survivre à ce métier bizarre où l'on se "saigne à blanc" à chaque chapitre.
D'ailleurs, ce n'est pas vrai des seuls écrivains, mais de beaucoup d'artistes. En témoigne ce film magnifique de Bertrand Tavernier,
Autour de Minuit, où un l'admirateur éperdu d'un jazzman (superbement incarné par François Cluzet) tente de sauver son idole d'une fuite éperdue à travers l'alcool et la drogue, refusant d'admettre que cette auto-démolition est la seule béquille qui lui permet d'aller chercher, jusqu'au bout, sa musique.

Mais aujourd'hui, quand on lit Chandler, on ne voit plus la souffrance qui sous-tend la fluidité du texte. On ne voit ni le chagrin ni la solitude, seulement l'humour, la clairvoyance, l'élégance du désenchantement, et une bouffée d'amour qui vous prend par surprise, comme ça, entre deux coups de feu.
Et je vais vous laisser sur ces mots de lui, parce qu'ils ont toute leur place ici et que je pourrais les dédier à beaucoup d'entre vous, écrivains en devenir ou déjà accomplis... j'aime particulièrement ces mots parce que je ne crois pas, et n'ai jamais crû, à la rivalité entre les artistes. Si elle existe trop souvent, elle n'est que le fruit de la petitesse et de la fragilité de l'homme, qui place sa vanité là où elle n'a aucun sens, et fait d'une émulation (où les artistes se nourrissent naturellement les uns les autres) une compétition ridicule :
« Toute personne capable d’écrire une page de prose vivante ajoute quelque chose à nos vies, et celui qui le peut, comme moi, est certainement le dernier à s'offenser de rencontrer un autre écrivain qui peut faire encore mieux. [...] Si vous croyez à un idéal, vous ne le possédez pas, c'est lui qui vous tient, et vous ne voudrez certainement pas l'arrêter à vos propres limites pour des motifs commerciaux. » Voilà, c'est tout pour aujourd'hui. J'espère que tout ça vous a donné envie de lire Chandler, ou d'écrire, pourquoi pas, des "romans de mystères" ?
A bientôt, et bon week-end à tous !
Gaëlle
Je te lis et je me dis qu'un tel billet mériterait un commentaire en or massif, pour être à la hauteur.
Longtemps, innocemment, j'ai cru être la seule à aimer certains auteurs - et Chandler, Vian en font partie - comme je les aimais. Quand je t'ai rencontrée, j'ai éprouvé assez vite le sentiment que cette solitude de lecture et d'écriture était abolie. Tu n'imagines pas mon soulagement et cette angoisse à l'idée que c'est trop beau pour être vrai ! Je suis désolée d'être sentimentale - je dois trop fréquenter Barrie...
Chandler trouve ici un très bel hommage et les dédicataires de ce billet aussi.
Il doit te lire du Paradis des auteurs, avec d'autres "durs à cuire", en compagnie de Dashiell Hammett (que Chandler admirait sans réserves) et de Chester Himes.
Ce genre littéraire a été l'un des premiers où je me suis investie. J'ai d'ailleurs une bibliothèque complète qui en témoigne, consacré à cette littérature "mauvais genre".
Ce qu'il écrit sur sa femme me donne les larmes aux yeux.
Etre vraisemblable et non réaliste, telle est la gageure de toute fiction et pas seulement du roman policier.
Merci pour ce très beau billet.
Ton commentaire est en or massif, si. Et pourquoi ne serait-on pas sentimental, quand des gens aussi intéressants que Chandler ou Barrie savaient l'être sans rien sacrifier à leur humour ou à leur férocité ? Ah, Dashiell Hammett, Chester Himes... Et si je les rajoutais dans les lectures de mon héros ? Non je blague. Je ne voudrais pas jouer trop les emmerdeuses non plus, même si j'ai du potentiel.
Merci pour ta lecture...
Chandler est passionnant et tu lui rend un superbe hommage.
J'aime beaucoup Chandler, mais je ne connaissais pas ses correspondances.
Merci pour cet article !
Lamousmé : tu me fais trop rire... t'inquiète, je trouve en effet plus sage de m'en tenir à de "petits billets". Sinon je crois que Blogger exploserait, excédé. Je ne voudrais pas ça. Merci pour l'hommage, je voulais qu'il soit à peu près à la hauteur de l'homme, et c'est coton. Mais en le citant beaucoup... ça va, car ses mots sont bien plus parlants que tous les miens réunis !
Doune, tu ne connais pas Chandler ? Chic alors. On va pouvoir échanger nos conseils de lecture, toi qui connais tant d'auteurs que je ne connais pas... d'ailleurs j'en profite pour te dire : j'ai oublié le nom du dessinateur de bédé qui écrit l'histoire sur la prostituée, là, ça avait l'air passionnant. Tu peux me le rappeler s'il te plaît ?
A part ça, toi qui aimes Fred Vargas qui a un côté à part puisque très poétique, tu ne peux qu'aimer Chandler, à plus forte raison... Bises et bon week-end.
Bonjour Cat vendredi ! Chouette, une nouvelle... et amatrice de Chandler en plus. Bienvenue ! Café gratis pour la dame. Alors ces lettres sont une trouvaille pour tout le monde, amateurs de Chandler ou non, écrivains ou lecteurs de polars ou de romans tout court... c'est une pitié que le tirage soit épuisé ou je-ne-sais-quoi. C'est pourquoi je les ai beaucoup citées, et encore, j'ai dû me faire violence, j'en ai citées très peu, et du premier volume seulement, alors que tout aurait mérité d'être mis en lumière. Procurez-les vous, même sous le manteau, surtout si vous aimez Chandler !
Anitta : Je suis bien d'accord avec toi quant au genre trop souvent décrié... et tu en parles en amoureuse et en écrivain, ce qui ne m'étonne pas, hé hé ! bientôt je viendrai en reparler, parce qu'il y a Ellroy, Dennis Lehane, Dashiell Hammet que Chandler aimait tant... "le polar où des images taillées au couteau en disent plus long sur les personnages qu'une description psychologique, où les dialogues ressemblent vraiment au langage de la rue, où l'humour décape comme la chaux, en toutes circonstances et toutes situations." : Superbe Anitta ! Merci à toi. Et puis tiens, vous m'avez mise de si bonne humeur dès le petit déjeuner : une tournée de café pour tous le monde !
Tout est beau dedans, tout donne envie. Ahlala Gaelle !... et dire que tu "grondes" gentiment d'autre(s) bloggueuse(s) d'être trop prolixe et responsable d'envies et d'achats compulsifs. Mais Gaelle, tu figures aussi dans le box des accusés ! Bienvenue, merci tout plein & bon week-end à toi aussi, qui travailles bien sérieusement sur ton livre (que j'attends, avec impatience)!...
Merci beaucoup pour le café ! J'apporte le chocolat à croquer ;-)
Qui sais ? Si, un jour, les oeuvres complètes de Chandler sont réunies, y incorporera-t-on aussi ses lettres ?
En attendant, "vive les bouquinistes" !
Sinon pour les œuvres de Chandler, faudrait suggérer ça à Robert Laffont qui publie la collection Bouquins, ou à la Pléïade, qui sait ? Sinon, comme vous dites. Et sinon, je vous en replacerai quelques morceaux ici et là, pas d'inquiétudes. Je n'aime pas l'idée de priver les gens de joies littéraires, alors que je viens de les mettre en appétit. 10/18, si vous m'entendez (ce qui m'étonnerait beaucoup!)... A quand la réédition ?
Si j'étais moins bavarde, je dirais no comment. Tant ce billet dit tout, et donne envie!
Courage pour tes corrections, et ne lache pas le morceau pour Chandler!!
Ce billet ne dit pas tout, crois-moi, j'aurais bien voulu mais il aurait fallu recopier deux volumes géniaux de lettres et je ne suis pas sûre que c'est permis... même si le livre est épuisé !
Quant à Chandler, t'inquiète, je ne suis pas disposée à lâcher le morceau. Je suis coriace, m'a-t-on dit. Eh bien soit. Je le resterai ! Bises...
Mardi, je fonce à la biblio y découvrir Chandler!
Quant à Boris... aaaaah mon Boris! Il a été l'Auteur.
Une révélation.
Je me souviens d'une fois... je venais d'être hospitalisée suite à une crise grave...
... alors que je respirais mieux, on m'a demandée ce que je voulais lire. (ils parlaient de me garder 3 jours en observation)
J'ai répondu: "L'écume des jours de Vian, s'il vous plait je voudrais le relire."
Boris m'a consolée.
Il m'a redonnée la niaque.
Bises à toi.
Flam
;-))))
Flam
Je connaissais l'anecdote sur Bogart et je l'ai toujours adorée, quand je lis un Marlowe, j'ai toujours une image de Bogart en tête et ça fait partie du plaisir de la lecture, je vais regarder cez moi de qui sont les traductions, je ne savais pas que Vian avait traduit Chandler.
Merci pour ce billet intéressant et émouvant.
Yue Yin, bonjour et bienvenue à toi ! Ravie de rencontrer encore une fan de ce grand homme... et non, rassure-toi, tu n'es pas la seule à aimer cette littérature et à ne pas la trouver "de second ordre" ! Et voilà ce que Chandler écrit avec humour, à ce sujet, dans sa correspondance : " Qu'on me montre quelqu'un qui ne peut pas souffrir le roman policier : ce sera un pauvre type, un pauvre type très intelligent — peut-être —, mais un pauvre type tout de même." Alors oui, si tu aimes Chandler, il faut que tu te procures ces lettres, elles sont fabuleuses ! Merci de ta visite et à bientôt, j'espère.
Merci beaucoup Florinette, ton compliment me touche beaucoup ! Parfois, connaître un écrivain avant d'avoir lu son œuvre peut-être un handicap, parce que beaucoup d'écrivains sont limites infréquentable, pour diverses raisons... mais avec Chandler je ne prenais aucun risque ! Bises et bon dimanche.
Ah, Cathy, je suis contente que tu sois passée par là... d'autant que j'ai peu de temps, ces jours-ci, pour faire toutes les visites que j'aimerais chez les uns ou les autres... Chandler m'émeut beaucoup, et c'est venu avec ces lettres. Donc tant mieux si cette émotion qu'il dégage est contagieuse ! Grosses bises et merci pour la visite, et le commentaire !
Je ne connaissais pas la correspondance de Chandler. Merci pour ce "court billet".
Bon goût, n'est-ce pas ?
(euh non, supprime pas le commentaire, je plaisante :))
Depuis le temps que je voyais ton nom partout, j'ai juste voulu venir te rendre une petite visite diplomatique. Là, je tombe pile sur un article formidable sur le non moins formidable Chandler.
M'est avis que je vais revenir sous peu...
Thom : tu m'as fait peur ! J'ai crû que la gloire bloguesque m'était tombée dessus comme ça, paf, sans crier gare....J'aime beaucoup le terme "petite visite diplomatique", c'est spirituel et très approprié ! Sinon, reviens quand tu veux, si tu aimes Chandler, nous sommes faits pour nous entendre.
J'aime bien aussi la parodie de Woody Allen.
Si tu ne l'as pas lu, il y a un fantastique bouquin sur le sujet : "Hardboiled U.S.A.", qui décrypte ce mouvement, étudie les différents auteurs, s'intéresse à l'esthétique de ces couvertures ultra-typées...etc.
(bon évidemment, il faudra t'y habituer, en général quand je dis un truc comme ça je termine ainsi :)
"par contre je ne me souviens plus du nom des auteurs"
(c'est un genre de tradition)
Et pour la gloire bloggesque, ça viendra, ne t'en fais pas. Ce n'est pas toujours très rigolo de recevoir des commentaires d'un guignol qui a créé un blog super-pas-drôle sur sa candidature super-pas-second-degré aux élections présidentielles...:))
(ayé, je viens enfin de finir Number 5 de la précédente, et Number 6 devrait se laisser manger vite !)
PIs comme d'hab' : bravo pour la documentation, la plume qui chatouille l'envie de tout lire d'un auteur, etc....
;o)
Bizzzzzzzzzzzzzzzz
Arrêteu de me piker mes répliks... Tin nivo lecture j'en peux plus là, j'en ai 4 en train en même temps ! PITIEEEEEEE !
Ma PAL se rallonge plus vite qu'elle diminue. J'arrive pu à suivre. Comment vous arrivez à écrire, en plus, avec tout ça ???
bizzzzz à mes keups !
Par contre ce week-end j'ai découvert la série Médium et j'ai bien aimé.
Merci Marie ! Moi aussi elles m'émeuvent beaucoup, ces lignes sur sa femme... bonne semaine à toi aussi !
Thom, reviens quand tu veux avec tes livres sans auteurs ! Je suis intéressée par ce livre, je vais donc jouer les détectives à mes moments perdus, et tu vas voir que je vais te le dénicher, moi. Sinon, j'aime beaucoup le coup du "guignol qui a créé un blog super-pas-drôle sur sa candidature super-pas-second-degré aux élections présidentielles.." Je n'ai pas reçu ces trucs-là moi, donc je trouve ça drôle... vu de loin ! En fait la gloire bloguesque me tente moyennement, parce que ça attire pas mal de gens bizarres, d'après ce que tu me dis. Après on est obligés de mettre des barrières où il faut recopier une sorte de sculpture de chiffres entrelacés avec des lettres et illisibles pour arriver à marquer trois mots sur un blog ami, c'est assommant. Donc vive l'anonymat, ou la petite fidélisation pépère, moi je dis !
La Trollette tu connais pas Chandler ?... Je suis sciée. Alors tu fais partie des veinardes, et en plus tu vas pouvoir gagner le concours de PAL de l'an prochain à force de me fréquenter. AU fait je prends 10% sur les paris, et pas seulement parce que tu m'as obligée à cliquer une centaine de fois sur des messages qui se foutaient ouvertement de ma gueule. Bises !
Free, bienvenue dans ce monde de brutes où on est obligés de lire nuit et jour pour arriver à survivre à l'accroissement vertigineux de nos bibliothèques. Et d'écrire en lisant. Et de lire en écrivant avec son pouce de pied. Tout ça. L'enfer, quoi.
Loupiote, ce week-end tu as découvert Medium Où ? A la télé ? La deuxième saison a commencé ? Et j'aurais manqué ça ? Déjà que les Experts nous ont lâchement abandonnés dimanche soir, et pour un an. Les temps sont durs.
Sinon, oui, surtout n'aie pas honte, tu vois tu es loin d'être la seule : plein de gens ont la chance de ne pas connaître Chandler et ont, par conséquent, gagné le droit d'aller se ruiner un peu plus sans passer par la case départ et donc sans rafler les 20 000 euros.
Bises et bonne soirée à tous...
http://www.allocine.fr/film/fichefilm.html?cfilm=841
Euh...sinon, quand je clique sur les commentaires, ça m'ouvre d'abord une pub pour les 3 Suisses, et il faut que je reclique pour avoir accès à la rubrique...c'est normal ? Parce qu'en fait j'ai déjà acheté les fringues d'hiver pour ma fille, alors je ne suis plus vraiment intéressé :-)
Alors pour les 3 Suisses... c'est un coup de blogger ou de Firefox, je ne sais pas, mais je n'ai souscrit à rien et je ne touche absolument pas un rond sur les ventes des 3 Suisses... et moi aussi, la garde-robe de ma fille est déjà constituée. Enfin... je ne sais pas trop comment me débarrasser d'eux sans trop de sang : une suggestion ?
Mais promis, je te tiendrais au courant dès que ce sera une nouvelle pub :-)
Il a le sens de la formule, et une vision très nette des nécessités du roman de mystère, comme tu dis.
J'ai particulièrement aimé la recommandation selon laquelle il ne doit pas y avoir de serpent qui monte sur le fil de la sonnette. J'avais lu ce livre en anglais, en 5e, et j'avais eu toutes les peines du monde à comprendre cette histoire de serpent et de cordon !
C'était un peu trop tiré par les cheveux...
Alors oui, j'ai envie de lire Chandler, d'autant que Boris Vian est passé par là. C'est une affaire entendue, j'y vais de ce pas
Merci Gaëlle
May : OUi, un filou et un gentleman ! Dans sa correspondance il y a passage désopilant que je n'ai pas mis (on ne peut pas tout mettre) où il explique que la grande majorité de l'argot des truands et des flics a été inventée à leur intention par des écrivains... c'est assez génial ! Ensuite il donne même un cours d'argot à un type qui avait eu le malheur d'écrire un dictionnaire d'argot, mais sans connaître à fond son sujet. Quant au serpent sur le cordon de sonnette, tu l'avais étudié en 5ème ?? t'avais du bol, toi, dis-donc. Si on avait eu ce genre de choses je serais sûrement devenue bilingue... et donc.. je pourrais fièrement lire Chandler dans le texte. D'un autre côté se priver des traductions de Boris Vian c'est presque dommage !
Nziem, attends, papoter toutes les deux en buvant un thé ET en fumant une clope, mais ce serait magique ! Je vais programmer une descente en Normandie dans mon planning d'ici les prochaines vacances d'été. J'en rêve... J'ai regardé ta PAL virtuelle sur ton blog, tu penses bien que j'approuve ! En plus il y a Nancy Huston que j'aime beaucoup...et le "Journal de la Création" devrait te plaire, je pense. Bises et merci de vos visites à tous !
C'était ambitieux. Un peu trop, peut-être.
Moi aussi, j'aimerais lire en VO.
Comme ça fait partie de mes résolutions (j'ai toujours une ou deux bonnes résolutions sous le coude), je pense que je vais commencer par des choses pour enfants.
Qui parfois ne sont pas les plus simples, ceci dit (je pense à Alice in wonderland !)
May : oui mais n'empêche, c'était une bonne idée, à la base... il aurait fallu réserver ça à la seconde, peut-être !
Je suis comme toi, lire en anglais est une de mes résolutions ! Moi j'ai opté pour des livres déjà lus : Jane Eyre (que je connais presque par cœur) et "Pride and Prejudice" (même topo). Et pour ne pas oublier quelques ambitions au-dessus de mes moyens j'ai aussi acheté un Faulkner : "The sound and the fury" que je n'ai pas lu en français. Je sens que je vais m'en voir, mais Faulkner mérite sans doute qu'on se démène un peu ! Quant à Alice in Wonderland, faudrait demander à Holly, est-ce si facile que ça... je pense que Peter Pan l'est davantage, mais je me trompe peut-être. Je me base sur les trois premières pages que j'avais lues sur le net.
Thom, je suis heureuse de voir que les 3 Suisses ne seront pas pour toi une barrière insurmontable ! Bonne journée à toi.
Chu contente contente !
ban vala, je te dirai mes zimpressions quand je l'aurais lute !
et aussi, ce matin j'ai créé un nouveau blog pour mes délires persos, c'était plus mio bien.
http://tatooa.canalblog.com/
J'y ai posté toute l'histoire du tatoo... Et la suite.
bizzzzzzz
L'écriture est claire et simple, pour certains on connait déjà un pe l'histoire alors ça aide aussi. C'est avec elle que j'ai fait de réel progrès en Anglais.
Oui, bon, ok... aussi avec la Guiness dans les pubs, en Irlande et à Paris... ok, ok...
;o)
Sinon il existe également des livres bilingues, une page de texte et une page avec les mots expliqués, etc... personellement j'aime moins, parce qu'on est très tenté de lire les définitions plutôt que de chercher un peu dans le contexte, et de mémoriser ainsi la "musique" de la langue.
Et aussi : munis-toi d'un petit répertoire dans lequel tu pourras noter les expressions qui reviennent régulièrement pour chercher la définition dans le dico et ça te resservira pour d'autres textes ensuite.
Parfois de ne pas savoir la signification exacte n'empêche pas de suivre l'histoire, chercher dans le dico peut attendre.
ça rend la lecture agréable de ne pas feuilleter le Robert&Collins tous les deux mots !
C'est un sacré chouette voyage, que de partir pour la lecture en VO ! Bonne balade :o)
Ah, non, c'est pas facile pour un début !
Lewis Carroll adore inventer des mots !
En effet, Peter Pan est bien plus abordable. Gaëlle a raison.
Mais Alice et Peter Pan ne sont pas "pour les enfants" !
May je suis d'accord avec la Trollette sur les livres bilingues : j'en lisais en latin, ça rend feignasse ! C'est sûrement pour ça que j'ai perdu tout mon latin, je suis minable en latin. Je suis très loin de le parler, par exemple. Quant à le lire... et dire que c'étaient mes études...
Ah, Holly, je savais bien que tu dirais ça. Hé hé. Mais découvrir Peter Pan (enfin 3 pages ! Mais je me dis que c'est un début) a été un enchantement. Pour Lewis Carroll, c'est au-dessus de mes moyens, clairement...
Et non, ce n'est pas pour les enfants, on est bien d'accord, même si c'est souvent perçu comme tel (l'ami Walt étant passé par là...)
Ceci dit, je vais me ranger aux conseils de La Trolette, et commencer par un Agatha Christie.
Et si tout va bien, j'enchaînerais sur Peter Pan (vous avez lu la version BD de Loisel ? Elle vaut le détour)
Merci à toutes de vos conseils.
Bon... je suis ravie !!! merci, merci !!
continue à te battre pour que ton héros lise Chandler, non mais de quoi ils se mèlent !! donne leur ton article, il est tout simplement irresistible et éclaire magnifiquement cet écrivain, ils ne pourront pas dire non !
J'attends ton livre.. il est déjà dans ma liste des LAL...
j'aime beaucoup quand tu dis "Si j'ai décidé de vous parler aujourd'hui de mon ami Raymond Chandler (car tous les écrivains qui m'ont un jour consolée deviennent mes amis, même si la majeure partie l'ignorent parce qu'ils sont morts, et que les vivants ne le savent pas non plus, pour la plupart, étant donné qu'on ne s'est rencontrés qu'à travers leurs livres...)," J'adhère à 100%.. J'avais l'habitude de dire en plaisantant que j'aurais bien dormi sur le paillasson de Jean giraudoux s'il avait encore été en vie ... Ma prof de fac qui dirigeait mon travail sur Balzac, m'a demandé un jour si mon mari n'était pas trop jaloux... Qu'aurait été ma vie sans tous les livres qui m'ont accompagnée...
A bientôt, bises !
A Lily : Je comprends qu'on puisse tomber amoureuse de Chandler à travers ces passages ! Moi même...
Merci pour tout Lily. C'est trop gentil, tout ça. J'espère vraiment que mon petit roman (tout petit à côté de ce que faisait Chandler !) ne te décevra pas. Cela me touche beaucoup, ce que tu m'écris. Voilà.
Et non, tu n'encombres pas, surtout si c'est pour te joindre à moi pour ce qui est de nos amis écrivains qui ne sont morts et/ou ne savent pas qu'ils sont nos amis ! Bienvenue au club. Au fait, ton mari était jaloux de Balzac ?
Thom, moi je l'ai eue la pop up, rassure-toi. Tu peux dormir sur tes deux oreilles, les 3 Suisses se portent comme un charme.
(en fait je ne viens ici que pour faire mes courses :))
Sinon bah oui, je passe dire bonjour (ou une connerie)...c'est vrai que je ne serais pas contre un nouvelle article de la tortue, mais ne te sens pas obligée hein :-)
Oui, Loisel possède un talent rare.
Je suis impitoyable avec ceux qui touchent à l'oeuvre de Barrie, mais pas avec lui, car il a su créer un univers qui lui est propre. Et il a des hypothèses intéressantes concernant Crochet, entre autres.
J'adore.
As-tu un blog, car je ne l'ai pas trouvé dans ton profil ?
May et Holly, vous êtes faites pour vous entendre. j'adore Loisel aussi, en plus c'est un breton, ma fibre celte vibre... non je blague. Mais j'ai rencontré Bilal et il est passionnant !! Ça n'a rien à voir ou presque, mais je tenais à le dire. A le clamer. Vive Bilal.
Quant à toi May, c'est vrai quoi, il est où ton blog ?
Bises à tous et promis, je vais travailler dur pour ne pas laisser ce blog en plan trop longtemps, tout de même. Je sens que bientôt vous allez vous sentir obligé de faire des animations vous-mêmes... ça me met la pression !
http://mayiii.blogspot.com/
Attention, il est tout nouveau, tout petit, tout jeune, pas encore mûr... mais je me suis jetée à l'eau...
Pour le moment c'est vraiment un traitement "de surface", je survole donc ce n'est pas passionnant, mais j'espère réussir à trouver mes repères rapidement pour vraiment vous communiquer mon goût pour les choses dont j'ai choisi de vous parler et qui me tiennent à coeur.
je file. we au bord de la mer. Ce n'est pas notre chère Bretagne, Gaëlle (j'en suis une AUSSI), mais c'est la mer et c'est déjà énorme !
bises et bon week-end !
Je t'en supplie.................
En fait, je passais pour faire mes courses sur le site des 3 Suisses, et je me suis dit que j'allais m'arrêter dire un petit bonjour :-)
Thom, je vais l'écrire ce billet ! Demain peut-être, qui sait. Mais c'est gentil de passer dire bonjour en allant faire tes courses. Ça fait un peu d'animation sur mon blog, c'est sympa.
Oui cette littérature est majeure, et en plus elle est bonne pour la santé, alors pourquoi se priver ?
Saki est l'un des rares auteurs dont j'ai lu en anglais certaines nouvelles non traduites ainsi que la biographie, malgré ma médiocrité dans cette langue ("Saki, a life of H.H Munro" par J.A Langguth.) Saki reste un homme largement secret en raison de sa discrétion naturelle et aussi parce que sa soeur Ethel a détruit sa correspondance à sa mort. Chose étonnante, malgré son style si raffiné, si concis et qu'on a dit "taillé en diamant", il paraît qu'il écrivait très vite et qu'il avait appris à faire bref lorsqu'il était correspondant de presse en Europe centrale et qu'il expédiait des dépêches télégraphiques les plus concises possible pour des raisons de coût.On peut donner le conseil à ceux qui souhaitent améliorer leur style mais je doute qu'ils parviennent ainsi à égaler Saki...
J'ai lu aussi ses deux romans. Ils sont intéressants mais sans valoir les nouvelles. Normal, puisque comme disait Roald Dahl, "les meilleures de ses nouvelles sont plus belles que les meilleurs romans de n'importe quel écrivain."Le plus intéressant est "L'inssuportable Bassington", qui montre la face cachée des Clovis, Réginald ou Vera: le mal de vivre, l'inadaptation à la société etc.
Pour en revenir à Chandler, comme j'aime que mes amis s'apprécient entre eux, j'ai été ravi d'apprendre que Chandler admirait Saki et que tous deux adoraient les chats.
(quel mal élevé)