28 août 2006

Petit intermède DVD

Bonjour !

Comme vous voyez, suivant l'exemple de beaucoup d'entre vous dont la prolixité m'épate et me sidère car de toute évidence, elle ne nuit pas à la qualité... je tente d'adopter un rythme de croisière. Et hop, un autre billet. Je vous avais promis un autre petit plaisir victorien, mais comme je me délecte à lire les dernières nouvelles du monsieur en question et n'ai aucune envie de hâter ma lecture (quelle horreur !), je vous propose une petite séance dvd en guise d'entracte.

D'abord, il faut que je vous confesse qu'il m'arrive de me tromper, c'est à dire de choisir un film selon les critères de l'assistance présente ("un bon film, léger, souriant !"), et en fait... disons que quelque chose déraille en cours de route...

En voici deux exemples : durant les vacances, j'ai proposé à la cantonnade Disparitions, un film de Christopher Hampton avec Emma Thompson (une de mes actrices chéries) et Antonio Banderas (que je chéris moins, mais bon, chacun ses goûts et il faut laisser sa chance à un acteur de nous épater dans un autre registre !). La jaquette disait : "Un film entre Missing et le Sixième sens". Alléchant , vous en conviendrez. J'avais quand même un léger doute : ce film se situait-il plutôt du côté de Missing, ou de côté du Sixième sens ? Bref. Nous nous installâmes un soir de douce fatigue après une journée bretonne, prêts à nous délasser.
Et là... ce film est l'histoire d'un metteur en scène de théâtre (Banderas) marié à une journaliste courageuse (Emma Thompson). Ils s'aiment profondément et ont une fille un peu maigrichonne mais douce et charmante. Seul hic : ils vivent en Argentine, pendant la dictature militaire. Aïe aïe aïe... dès le départ, quand des Ford Falcone vertes arrivent en trombent devant leur maison et enlèvent la journaliste, on sent que pour le côté léger, il faudra repasser plus tard. Mais on est encore loin du compte ! J'aurais dû me méfier, ce film a reçu les applaudissements d'Amnesty International. Disons qu'il est digne de figurer fièrement aux côtés de Midnight Express, de la Liste de Schindler et du Choix de Sophie. Vous me direz, et le côté "Sixième sens", dans tout ça ?
Eh bien : le mari de la jeune femme qui a rejoint la foule des disparus, tous ces étudiants, ces femmes, ces hommes, ces enfants et ces gamines qui se sont évaporés dans la nature un beau jour, sans qu'on retrouve d'eux autre chose qu'une paire de lunettes, une chaussure, un ours en peluche ou un cahier déchiré... Mais notre héros a un don. Il touche le parent d'un de ces disparus, et il a des flashes... et on voudrait bien que le réalisateur ait eu la gentillesse de nous épargner ces flashes, mais ce serait trop facile, naturellement : il voit (et nous aussi, par le fait) torturer des gosses, violer des filles, il voit des tortionnaires jouir du spectacle et rivaliser d'inventivité pour réduire l'humain à l'état de bête implorante... il voit sa femme écartelée, tenaillée, il la voit se battre, seule, abandonnée à ses bourreaux. Il la perd, tout le temps, comme si son amour la dérobait à lui au lieu de le guider vers elle.
Parfois, il voit quelqu'un s'échapper, celui-là va s'en sortir, peut-être.
Ce film est un thriller, et le pire, c'est que si le tissu du film est une fiction admirablement construite, jouée et réalisée, en dessous palpite une vérité historique impossible à regarder de plein fouet. Le seul moment de paix du film, disait en riant un des spectateurs le lendemain, c'est lorsque le medium se rend dans une hacienda, sorte d'arche de Noë dans la tempête, que tiennent deux rescapés d'Auschwitz... parenthèse : ils ont bien choisi leur villégiature, ceux-là ! Après les camps, la junte militaire, et le repaire d'une grande partie de leurs anciens bourreaux nazis ! C'est ce qui s'appelle le FLAIR.

Alors, est-ce que je conseille ce film ? Oui, et non. Oui à ceux qui s'en sentent la force, parce que c'est un film superbe, et courageux, puisqu'il dit au moyen de la fiction (selon moi et beaucoup d'autres plus intelligents, le meilleur moyen qui soit !) une vérité nécessaire. Oui, parce qu'encore aujourd'hui, en Argentine, des archéologues essaient d'assembler de grands puzzles à partir de minuscules bouts d'os pour tenter d'identifier des corps disparus dont le deuil n'a pu se faire. Oui, parce que tous les militaires qui ont perpétué ces forfaits ont été graciés par le président Carlos Menem. Il est si facile de gracier des bourreaux, de les réintégrer en douce ou ouvertement parmi les cadres de la société. Mais seules les victimes devraient avoir ce droit, comme celui de pardonner, et elles gisent six pieds sous terre dans le désert argentin, dévorées par les animaux, tandis que leurs familles espèrent encore les voir un jour franchir la porte de la maison. Pas de corps, pas de deuil possible.
Mais je peux aussi vous le déconseiller, car je ne suis pas sûre qu'il soit nécessaire d'assister à ces tortures pour avoir l'échine hérissée par ce qui s'est passé là-bas, ce que l'homme est capable de faire à l'homme, ici ou dans d'autres parties du monde, encore et toujours, à l'heure où je vous parle. Je ne suis pas sûre que montrer tout soit un préambule obligatoire. Je pense même que l'image comporte des dangers latents. Celui du voyeurisme, par exemple. Celui de confondre une réalité historique avec le dernier film d'horreur. J'ai lu Le Choix de Sophie, je n'ai pas eu besoin de le VOIR, même si j'aime beaucoup Meryl Streep. Je n'en ai pas eu besoin. Le livre, les mots, me hantent encore. Primo Levi me suffit pour toucher l'intouchable qui brûle les doigts, le pays où "il n'y a plus de pourquoi". Je me souviens avoir été glacée par la visite d'Auschwitz, ces montagnes de lunettes, de cheveux, de valises avec les noms des propriétaires dessus, écrits soigneusement par l'espoir... Cela valait toutes les images de tortures. On ne ressort pas vivant d'une chambre à gaz. Il est difficile d'y entrer avec une caméra. C'est presque un blasphème. Et pourtant, j'aime la Liste de Schindler, peut-être parce que c'est une FICTION, et que par là-même, elle n'entre pas dans Auschwitz, même si elle fait semblant. Elle l'effleure seulement, avec une certaine délicatesse, et permet l'identification aux personnages : y compris au bourreau nazi joué par Ralph Fiennes, et surtout à Oscar Schindler, ce beau personnage complexe et ambigü. C'est une fiction, pas un documentaire. Disparitions est aussi une fiction, me direz-vous, mais qui montre tellement l'inmontrable qu'elle m'a posé davantage de questions. Non que je doute des intentions du réalisateur, de son engagement, de celui des acteurs. Je parle juste de l'impact du film sur moi. Je ne suis pas sûre que j'aurais envie de montrer ce film à des adolescents. Je crois que je préfèrerais qu'ils lisent Isabel Allende, ou d'autres auteurs latino-américains. Mais ça n'engage que moi, c'est une affaire très personnelle. Et de ce film je retiens aussi cette image lancinante et sobre d'une procession silencieuse portant des pancartes demandant des comptes au gouvernement, mendiant des renseignements sur les disparus, une certitude de la mort ou de la vie, un lieu où déposer son chagrin, une tombe, même faite de tourbe et d'herbe sauvage. Et les sanglots brisés d'une mère qui entend les cris de sa fille torturée, derrière une porte. Là, pas besoin d'image supplémentaire.

Deuxième exemple, mais à l'échelle de nos vies humaines banales, faites de joies, de déceptions, de batailles, de solitudes, de traversées du tunnel et d'éblouissements : Tendres passions avec Shirley Mac Laine, Debra Winger, Jack Nicholson...peut-être étais-je parmi les seules personnes sur terre à ne pas avoir vu ce film... mais je l'imaginais comme tendre, profond et caustique. Il est cela, tout cela. La partition, là encore, est superbement jouée. Les relations inversées entre une mère et sa fille élevée sans père, le superbe personnage de la fille jouée par une Debra Winger radieuse, capable d'aimer sa mère en dépit de ses crasses, de sa folie, de ses côtés abusifs, de ses jugements sur sa vie, capable de lui pardonner de ne l'avoir jamais laissée être une enfant insouciante...
Mais ensuite, cela se gâte. Je ne vous en dis pas plus mais j'ai fini ravinée par les larmes, mon homme dans le même état, et il m'a dit en riant : "Encore un choix très pertinent, dans le genre léger !".
Cela dit, nous ne regrettons pas une seconde de l'avoir vu, attention. Et celui-là peut être montré à des adolescents sans crainte. L'humour est là, ce raffinement humain qui escorte les désespoirs de la vie, fidèlement, et nous sauve la vie, nous permet même de survivre, parfois, à l'intolérable, même si on y laisse pas mal de larmes, je vous préviens. "L'humour, c'est la politesse du désespoir", dit Cioran.
J'ajouterais à cette définition superbe : un bien précieux, à cultiver sans cesse, à travailler. Un très beau film, mais si vous avez un gros coup de blues, soignez-le d'abord... A moins que ce film n'agisse comme un électrochoc. En bref : faites comme vous voulez !

Maintenant, pour les mélancoliques incurables de la rentrée, un remède judicieux, préalablement testé sur des sujets consentants, les mêmes que précédemment:


C'est une série télé, Medium, à voir en anglais si possible (en français les enfants ont des voix à gifler, ce qui est bien dommage mais fréquent), avec la délicieuse Patricia Arquette. L'ayant ratée au cours de l'année (elle passait à une heure tardive sur M6), je me suis procurée la saison 1 pour les vacances... un petit bonheur.
Le thème : Allison Dubois, jeune femme de trente ans, mère de trois charmantes filles, Ariel, Bridgette et Marie (encore bébé) et épouse d'un astro-physicien très compréhensif, fait un stage chez le procureur et poursuit par correspondance des études d'avocate dans l'espoir de retrouver un travail qui l'éloignerait un peu des couches culottes et des devoirs d'école.
Signe particulier : chaque nuit elle cauchemarde et se réveille en sursaut, ce qui réveille du même coup sa moitié. Ces cauchemars, dont la noirceur en général se teinte d'étrangeté et de comique (comme le font nos rêves), sont le démarrage de chaque épisode. La différence avec nos cauchemars, c'est que ceux d'Allison Dubois se réalisent. Ou vont se réaliser. Ou se sont déjà réalisés. Sans compter les morts qui lui parlent à trois heures du matin dans sa chambre à coucher, ceux qui lui murmurent des secrets sur un lieu de crime... on n'aimerait pas être à sa place, ni à celle de son mari, lequel joue à merveille : c'est un mari idéal, plein d'humour et de rationnalisme, très amoureux de sa femme qui se qualifie elle-même de "psychic, or psycho, as you want". Assez vite, Allison se détourne de la carrière d'avocate (moins commode à mener quand on sait tout de suite ce que le client vous cache), et va trouver un travail dans ses cordes : consultante mystère auprès du "district attorney" (procureur) sur les affaires difficiles. Vous me direz : c'est trop facile, si elle voit tout ! Hop, un flash, et l'affaire est résolue. Non non, ce n'est pas SI facile. D'abord, ses rêves sont une matière brute à interpréter, il faut qu'elle enquête à partir d'indices aux contours brouillés, comme Freud le faisait à partir des rêves de ses patients. Ensuite, ce ne sont que des bribes de réminiscences qui mélangent le réel et le fantasme, sa propre vie et celle des victimes, le présent, le passé et l'avenir...
et quand elle est enrhumée, tout ce chaos déraille complètement ! Ajoutons qu'elle devient aveugle quand il s'agit de ses proches, et n'a pas plus d'intuition féminine ou maternelle qu'une ménagère de base. Et... il faut coordonner tous ces "indices" irrationnels avec la rectitude pointilleuse d'une procédure judiciaire, ce qui n'est pas une mince affaire. Exemple: comment peut-on faire admettre comme preuve recevable à un procès que le corps d'un adolescent a été déterré grâce à l'instinct d'une médium ? Outre ces problèmes quotidiens, Allison en a d'autres, mélange de préoccupations terre à terre (se chamailler avec son mari sur le sujet sensible de qui amènera les filles à l'école, se faire engueuler parce qu'elle sort en pleine nuit pour visiter une scène de crime, appelée deréchef par le procureur, ne pas pouvoir assister au gala de fin d'année de ses filles, avoir toujours l'impression d'être une mère insuffisante et une professionnelle qui ne donne pas assez) et de soucis liés à sa particularité : une de ses filles se lie avec un fantôme, son mari se plaint de ne jamais pouvoir passer une nuit tranquille, ou que les "rêves" de sa femme lui réfrigèrent un peu la libido au réveil...
Chaque épisode est construit différemment, ce qui ajoute au charme de l'ensemble et au bonheur du jeu des acteurs, que ce soit Allison elle-même, parfaite, son mari, l'excellent jake Weber, le procureur ou les filles, lesquelles ont chacune une sacrée personnalité.
La série a été inspirée par le film Intuitions où Cate Blanchett jouait le rôle d'une medium mère de famille, mais mère célibataire, et disons que le film était plus noir. Là, on rit autant qu'on tremble. Aucune restriction pour les âmes sensibles.
Régalez-vous, et n'ayez crainte, même si les deux exemples précédemment cités vous ont prouvés que je pouvais aussi plomber l'atmosphère d'une bonne soirée entre amis d'un coup d'un seul, par le seul choix d'un bon dvd. Non, trêve de plaisanterie : dans ma liste, il n'y a que des bons films. A vous de faire vos choix, selon vos humeurs, et disons que pour le blues de rentrée, Medium me paraît on ne peut plus approprié.

Il paraît qu'il y a une vraie Allison Dubois, dont voici la photo. Jolie comme tout, mais... je plains son mari, et elle, la pauvre ! Je ne lui trouve pas tant de cernes sous les yeux, avec la vie qu'elle mène. Les journalistes de magazines féminins devraient se ruer chez elle pour lui demander ses secrets de maquillage...

A part ça, je n'ai pas d'opinion ou de croyance particulière envers les médiums. C'est le genre de choses que je préfère ignorer, comme les tables tournantes et les filles possédées. Les visiteurs réguliers de mon blog l'auront compris. Mais je sais que la police travaille régulièrement avec des gens qui se disent médiums, tentant de faire le tri entre les charlatans et les visionnaires... il paraît que parfois, ils y trouvent de l'aide. Je n'en sais pas plus. Pour davantage de détails, s'adresser au FBI, aux R.G. ou à la police nationale.
A très bientôt ! Je tiens des cadences infernales. Jusqu'où irai-je ?

Gaëlle

PS n°1 : A ceux et celle qui trouveraient que mon billet manque un peu de liant, je fais remarquer que d'une part le premier film et la série télé parlent de ces mêmes phénomènes tellement liés à l'affectivité, qui vont du "sixième sens" au flash médiumnique, et où la vision s'obscurcit quand elle touche à ceux qu'on aime trop, un peu comme les médecins répugnent à soigner leurs proches... et d'autre part, que le film n°2 et la série Médium traitent de ces grands-écarts permanents que sont nos vies, anormales (ou paranormales) ou pas, entre aspirations et couches-culottes, ambition professionnelle et culpabilité maternelle, difficulté à faire tenir une famille debout sans trop de casse, sans parler d'un couple, exercice périlleux s'il en est !

PS n°2 : Pour les patients et ceux dont la rentrée a vidé le porte-monnaie : selon le site consacré, la deuxième saison de la série médium commencera sur M6 à partir du 26 mars prochain. Avec ce que je vous en ai dit, même sans avoir vu la première, vous devriez vous débrouiller ! Et sinon, entre temps, Noël sera venu avec son cortège de cadeaux... certain site internet soldait l'an dernier les séries télé à moitié prix, pour les fêtes... auraient-ils la brillante idée de recommencer cette année ? Prions, mes frères. Et surtout, si vous croisez une Ford Falcone verte, faites gaffe, surtout si elles sont plusieurs, et à la file indienne...

39 commentaires:

Anitta a dit…

Non non, moi je ne trouve pas qu'il manque de liant, ton billet. Qui m'a été d'autant plus instructif que je n'avais ni vu ni seulement entendu parler des films au menu de ton programme ! Bon, à la réflexion, le premier me parle un peu, mais la série d'M6, du diable si j'en ai jamais entendu parler ! Alors je vais me contenter de boire tes paroles, d'apprécier ton sens de la nuance, d'augmenter de quelques lignes ma lettre au père Noël, et essayer de me procurer via internet un ticket pour tes prochaines séances cinéma !

Gaëlle a dit…

Anitta merci pour tout !! J'essaie de m'aligner à ton rythme, pour une tortue dans mon genre... c'est du boulot, et je ne garantis pas la qualité. Mais le cœur y est !

Pat a dit…

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Holly Golightly a dit…

Ah, Gaëlle !!!
Quel bon billet tu nous a encore concocté !
Je ne sais rien de tout ce dont tu nous parles et, évidemment, je meurs d'envie !
Je me laisserais volontiers tenter par la série !
Je suis sortie trop marquée du film de Loach pour tenter,très vite, un film trop dur dans le style de Disparitions.
Ah, les médiums, encore une chose en rapport avec ma famille... Je t'en parlerai en privé. Bien sûr, je n'y crois pas.

Gaëlle a dit…

Merci Holly, tu es trop gentille, car je crois que j'ai un peu sacrifié la forme au fond, cette fois... Si tu ne connais rien de ce dont je parle ici, tu es veinarde, autant que moi qui n'ai jamais rien vu ou lu (enfin à 98%) de ce dont tu parles sur ton JIACO ! Nous sommes donc quittes. Et ça ouvre des horizons à la pelle, suffit d'avoir un bon budget culture. Quant aux médiums... je n'en connais pas personnellement et si j'en croise c'est à mon insu, mais ma grand-mère, il fut un temps, avait contracté l'habitude d'être la dernière personne à voir une personne en vie. Si ça c'était su, on peut imaginer le risque pour sa vie sociale... Ces coïncidences fâcheuses n'ont duré qu'un temps, heureusement. Et personne, rassure-toi, n'a pensé qu'elle avait tué elle-même tous ces gens. Hummm... qu'en penserait Allison Dubois ?

mariaba a dit…

Gaëlle, ton ode à Médium est splendide!!
Je suis une très grande fan de miss Dubois et de ses visions, et je trouve qu'au contraire ce billet n'a rien de décousu!
Ravie aussi d'apprendre que la suite arrive en mars sur la 6, bien que j'aurai trouvé le moyen d'ici là de me sustenter sur internet...
Mais surtout, je suis super super ravie de te retrouver TOI, toute fraîche et en forme pour attaquer la rentrée, ton écriture toujours aussi acerbe et agréable, et ton humeur joyeuse au sortir de vacances bien méritées, mais qu'il faut bien quitter, retour à la "vraie" vie oblige...
A très vite!

Gaëlle a dit…
Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.
Gaëlle a dit…

Gaëlle a dit…

Ah, Marianne, je suis ravie de te revoir dans ces pages ! Et une fan d'Alison Dubois en plus ! "Toute fraîche et en forme pour attaquer la rentrée" : disons que j'aimerais bien et que je fais comme si ! Ah, et comme je suis une atroce impatiente, moi aussi le mois de mars me semble à des années lumières... J'ai appris qu'aux USA ils en sont déjà à la saison 3... c'est un peu rageant, tout de même. Déjà pendant des années on nous a repassé en boucle les 2 premières saisons du "Practice" (pour ceux qui ne connaissent pas : très bonne série sur l'univers des avocats, par David Kelley) alors que là-bas ils alignaient tranquillement au moins 7 saisons... Je crois qu'en France ils sont encore bloquée à la saison 4, depuis 3 ans. Courage les gars, dans dix ans on aura atteint le cap de la saison 7 ! Gros bisous Marianne, et à bientôt !!

nziem a dit…

Coucou Gaelle
Je viens de me régaler avec tes deux derniers billets. Je viens grâce à toi, de m'échapper quelques longues minutes de mon triste sort qui est celui de quelqu'un qui a repris le boulot sans grande conviction !
Je n'ai vu aucun de ces films, et je ne te surprendrais pas en te disant que ton billet me donne envie de me ruer dessus !
Je ne suivrais pas cette série sur M6 pour deux raisons : je me suis promis de ne plus regarder la téloch et de toute façon, je reçois M6 tout brouillé (bein oui.. évidement j'investis pas dans les antennes super performantes ;-)
Je réponds à ton mail très bientôt..

Lisa a dit…

Médium, j'adore, mais personnellement ça ma fait flipper grave! A tel point que je ne peux pas le regarder toute seule... Eh oui je suis une vrai gamine.

Anonyme a dit…

Tendres passions... quel souvenir poignant j'en ai gardé!
Je me souviens aussi d'avoir pleuré...
Tes articles sont toujours aussi intéressants et je me réjouis de les lire.

flam

Gaëlle a dit…

Coucou Nziem : comme je me régale avec tes photos, je suis ravie que tu te régales avec mes billets !
A part ça, certaines séries américaines sont d'une telle qualité qu'il est presque dommage de les regarder à la télé, puisqu'elles sont plus réussies qu'une bonne moyenne des films à l'affiche mensuellement. Rien à voir avec les feuilletons à la française, ou du moins leur majorité, car on ne va pas trop leur jeter la pierre... Quelques exemples que beaucoup apprécient autant que moi j'en suis sûre : "Six feet under", "Oz" (série incroyable et très noire et remplie de suspense, qui se passe dans une prison américaine... là faut avoir le cœur bien accroché, mais la série est tout bonnement extraordinaire, et en France ils sont tellement courageux qu'ils ont dû programmer 5 épisodes de la 1ère saison (sur 6 !) le soir à minuit... "Dead like me", "The practice", "A la maison blanche", Seinfeld" et Father Ted" pour les comiques, "Lost"(enfin je n'ai pas vu encore la 2de saison mais la première était très bonne. Peut-être que la qualité a baissé ? Mystère) "24heures chrono" même si le procédé, très original et haletant, va finir par lasser si la série s'éternise... et Medium ! et j'en oublie ! Ah, et par-dessus tout : "Twin Peaks", Ma série fétiche, celle qui m'a fait découvrir que les séries américaines avaient fait un bond de géant depuis Dallas et "la Ptite maison dans la prairie". Là, le mieux, c'est de les acheter très soldés (moitié prix c'est abordable, 26 épisodes pour 25 euro, ça va !), ou même de les louer (maintenant certains loueurs de DVD les louent par saisons entières), d'abord parce que comme ça on peut en voir 3 ou 4 épisodes d'affilée, voir plus... (le jour où on a découvert Twin Peaks, dont j'avais enregistré moult épisodes au cas où ça nous plairait, on n'a pas pu s'arrêter avant le dixième épisode... et encore... c'est parce que nos yeux se fermaient tous seuls !) et QUAND ON VEUT. Sans regarder la télé. Que personnellement je regarde peu car ça m'assomme le plus souvent, ou m'irrite, ou m'endort. Bref : les Emmy Awards, qui récompensent chaque année les séries américaines, n'ont RIEN À VOIR AVEC LES 7 D'OR. Crois moi sur parole. Et même si des efforts commencent à être faits en France, on est loin de l'excellence des Anglais ou des Américains. J'y reviendrai dans un billet. Mais Nziem, toi qui aimes découvir des choses intelligentes et prenantes, où on ne prend pas le spectateur pour un attardé mental, crois-moi : tu as un univers immense à découvrir. Tu es une veinarde. Bisous et pardonne-moi ce commentaire fleuve !

Gaëlle a dit…

Lisa : une gamine, comme tu y vas... on croirait miss Poivert ! Non sans blaguer : Medium y a quand même pas mal de suspense, donc c'est normal que ça soit un peu flippant de temps en temps aussi, mais c'est aussi tellement drôle que ça se vit bien, tu ne trouves pas ? C'est vrai qu'à deux ou à plusieurs, c'est beaucoup mieux. J'ai testé pour vous. Toujours intéressant de pouvoir se blottir dans des bras protecteurs. Ou échanger un début de rire nerveux avec des amis lors d'une vision un peu choc. A bientôt Lisa !

Gaëlle a dit…

Ah, revoilà Flam ! Je suis ravie de te retrouver ici ! Et ravie aussi que nous ayions versé le même torrent de larmes sur "Tendres passions" (était-ce un torrent pour toi, ou suis-je la seule âme trop sensible alentour ?). Merci pour tes compliments, et surtout, reviens souvent! Grosses bises.

Doune a dit…

Alors moi, j'arrive avec mon bémol... Médium, je l'ai suivi un temps et j'ai été, mais alors profondément, agacée par les valeurs qui y étaient véhiculées et qui heurtent un peu (pas mal?) les miennes: apologie de la peine de mort, vision de la mère toujours calme et douce en toutes circonstances (c'est vrai, toi, tu perds patience quand ton môme fait des bêtises mais elle, toujours calme avec la parole qu'il faut alors qu'elle doit dormir 3 heures par nuit à tout casser... c'est pas réaliste!) ainsi que de nombreuses références à la "volonté divine" qui me laissaient perplexe...

Bref, des valeurs trop Wasp à mon goût ce qui est dommage car l'idée de départ me plaisait beaucoup et certains scénar's étaient vraiment palpitants

Bien sûr, ça ne reste qu'une vision personnelle qui me faisait forcément tiquer à chaque fois, alors que j'aurais pu passer outre et apprécier la série pour ce qu'elle est: un divertissement... :)

Gaëlle a dit…

Coucou, Doune, et tu as bien raison d'apporter ton bémol ! Pour tout dire, je suis d'accord avec toi sur le fond. En particulier sur la peine de mort. Je préfère en cela des séries comme le Practice, ou "Oz", qui montrent à quel point, injection ou pas, criminel ou pas, la peine de mort est un CRIME. Dent pour dent. Je sais, le Talion est déjà un progrès de l'humanité : avant c'était : tu as tué ma fille ? je vais tuer toute ta famille devant tes yeux, et tes voisins. Le talion c'est : une mort pour une autre mort, pas plus. C'est une limitation. Mais le vrai progrès, c'est la fin de la peine de mort. J'ai une immense admiration pour Robert Badinter. Pour moi, ce serait le président de la République IDÉAL, parce que pour moi, le combat pour l'avancement de l'humanité n'est jamais un combat facile ou démago. La peine de mort ne sera jamais que le déguisement juridique de la vengeance. Elle ne tient que pour ça : la vengeance des parents des victimes, prisonniers de leur désespoir sans nom, de la haine qui les emprisonne et du deuil impossible. Je ne crois pas au soulagement de voir mourir le tortionnaire, même si l'idée est plausible. Je crois au soulagement de le savoir sous les verroux, A VIE s'il le faut. Certains criminels ne peuvent pas sortir. Une fois franchi les tabous, ils ne peuvent plus être sauvés d'eux-mêmes. Et je crois qu'une vie entière en prison est une peine plus lourde que la mort. Une vie derrière les barreaux, tout seul, ça laisse du temps pour réfléchir. Plus qu'une mort orchestrée, soit-disant indolore et imperceptible : du blabla hypocrite, tout ça ! La mort adoubée par l'Etat est une des pires.
Donc là-dessus, cette série est très américaine, contrairement à beaucoup de séries américaines qui adoptent le point de vue contraire... mais as-tu remarqué qu'au fil des épisodes, Alison Dubois évolue ? Que partant de la certitude que ses flashes sont la vérité pure, elle s'aperçoit que parfois, ses visions sont erronées ? Qu'elle assiste à l'exécution d'un criminel atroce, dont il s'avère que ce n'est pas le bon ? Même dans cette série, le doute s'instaure peu à peu sur la justice parfaite, sur le bon fonctionnement du système "The système works", le leitmotiv des avocats et des procureurs américains les plus cyniques...? Pour moi, les choses ne sont pas si simples, et pas si WASP que ça... c'est une série qui se veut "populaire" à l'inverse de "Oz" qui passe aux Etats Unis sur HBO(le câble) et s'adresse à un public averti. Allison Dubois et son histoire s'adressent à tout public. Au bourrin de base aussi. Et je crois que c'est comme si peu à peu, on le prenait par la main pour lui montrer l'envers de la réalité qu'il tient pour acquise, comme Allison. Je ne serais pas surprise que les créateurs de la série, comme beaucoup de créateurs de séries américaines aujourd'hui, soit contre la peine de mort. Mais on peut aussi choisir de ne pas y aller frontalement. C'était aussi le choix du livre et du film "La ligne verte" (ne paraissant pas remettre en cause ouvertement la peine de mort, il aboutissait à une implacable dénonciation de son inhumanité), ou même de la "Dernière Marche", qui n'a pas choisi la facilité pour mener son combat. Aujourd'hui en France, si on faisait un sondage, je crains fort que la majorité ne vote pour la peine de mort, et contre l'avortement. Le frontal, avec ces majorités, n'est pas la bonne approche. En revanche, les prendre par la main, les rejoindre où ils sont, dans leur haine, leurs peurs viscérales, leur désespoir de ne pouvoir protéger leurs enfants, et les amener à éventuellement réaliser seuls que la peine de mort n'est pas ce qui mettra fin à leur haine et à leur peine... me paraît plus efficace.
Je suis contre la peine de mort. Mais si ma fille était retrouvée massacrée dans un bois, demain ? Je pourrais crever le salaud de mes mains, j'en ai peur. J'aurais besoin que la justice m'en empêche. Mais qui me protégerait de la haine ? Qui accomplirait ce miracle, que la haine ne me consume pas à jamais, ne détruise pas tout ce que je suis ? Je crois que je n'ai pas la solution à cette question, juste des espérances et des points d'interrogations.
Encore un message fleuve, Doune... après ça, on va dire que je suis bavarde... mais ton bémol était trop intéressant pour passer outre ! Gros bisous et merci !

Wictoria a dit…

Bonjour Gaelle :)

Plusieurs réactions à la lecture de ce billet
1) il n'est pas du tout décousu...
2) il a, lui aussi, une dose d'humour
3) j'ai vu quelques épisodes de la série Medium, scénarii originaux, surprenants mais pour moi pas inquiétants, je pense que j'aimerai croire à certains pouvoirs, j'aimerai qu'ils existent et que ceux qui ont perdu des êtres chers puissent savoir s'ils sont morts ou vivants, je pense à ces parents dont les enfants, filles ou garçons, ont été enlevés...
4) concernant la peine de mort, je suis vraiment dubitative : bien sûr, condamner à mort un être coupable, ou du moins jugé tel, est un acte de 'foi'. Foi en l'humanité. Mais cet être est-il humain ? J'ai tendance à imaginer que non. Alors ? Faut-il financer pour lui toute vie, même enfermé...ou lui permettre de sortir très vite de ce monde qu'il a bafoué par ses atrocités ? Comme toi je me demande ce que je ferai si un être cher était tué. Mais je ne voudrais pas que la justice arrête ma main. C'est dur.
5) "Disparition" est un film que je vais éviter, je déteste voir des atrocités, imaginer qu'elles existent déjà est à peine soutenable.

C'est toujours un long moment que l'on partage ici ! Un moment où on apprend à se connaître un peu soi même à la lecture des un(e)s et des autres.

Bises

Holly Golightly a dit…

Concernant la peine de mort, il faut lire l'essai de Camus.
Être pour la peine de mort signifie se ranger du côté de la barbarie, être monstre soi-même, perdre son humanité.
Je suis, en revanche, pour une prison perpétuelle pour certains meurtriers irrécupérables.

Doune a dit…

J'aurais peut-être dû la regarder jusqu'au bout, maintenant que tu m'a donné ton point de vu :S

(Et tu me fais un peu peur quand tu dis que la plupart des gens sont probablement en France, pour la peine de mort et contre l'avortement, surtout le dernier point car, ayant étudié le sujet en Histoire et par goût personnel pour l'histoire des femmes, je ne remercierai jamais assez Mme Weil d'avoir eu le courage de faire voter cette loi en 75)

Holly Golightly a dit…

Mais il y a tout de même une sacrée ironie à défendre l'avortement et à lutter contre la peine de mort.

May a dit…

Ahhhhh ! Gaëlle, encore merci !
Pour ces billets très divertissants et fort bien écrits, forcément, et puis pour ces analyses que je trouve vraiment pertinentes.
J'ai beaucoup aimé Les piliers de la terre, Le Maître des illusions, et que dire de The constant gardener... j'ai été collée au mur.
La force de l'engagement de Tessa, et l'amour palpable entre les deux, vraiment merci.

Encooooooore !!!!

Doune a dit…

Holly Golightly> ben en fait, pas tant que ça, figure toi, car, c'est une idée fausse de croire que le droit d'avorter ait entraîner un nombre d'avortements faramineux d'un coup. Au contraire, cette loi a permis à de nombreuses femmes de vivre plutôt que de mourir sous le coup d'aiguille à tricoter ou autre "délicieuseté" de ce genre (sans oublier, quand elles y survivaient, le plaisir de se faire "râcler" l'uterus à vif et peut-être de rester dans l'incapacité de procréer ultèrieurement)...
L'avortement a toujours existé, depuis la nuit des temps... le nier en laissant, du coup, des femmes mourir sous le joug d'avortement clandestin (femmes qui étaient souvent déjà mères), c'est se leurrer...

Alors tu vois, être contre la peine de mort et pour le libre choix d'être mère ou pas, ce n'est pas antinomique :)

Tubinap a dit…

Dans le prochain épisode, Gaëlle déclanchera une vive polémique sur l'intervention de Tsahal au Liban Sud en publiant un billet sur "La vérité si je ment" ...
J'imagine un titre à la Dickens : "Chapitre 32: où notre héroïne apprend - un peu tard - que la liberté d'expression sur un blog peut parfois accoucher d'une révolution géo-polotique en partant de la recette d'un gâteau au yahourt".

Gaëlle a dit…
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Gaëlle a dit…

Bon, les filles, pour une fois que je voulais faire un billet LÉGER ! Ah, on peut vous faire confiance, tiens... non, je blague. J'ai toujours rêvé de faire un blog politique, où on débat à bras raccourcis. Demain, on parle des clivages raciaux, ça vous dit ? Hé hé hé.

Merci Wictoria ! C'est gentil de trouver mon billet bien cousu. Moi aussi, j'aimerais que ces télépathies affectives existent. Je trouve ça beau. Et je suis d'accord avec toi, rien n'est pire pour des parents que de savoir leur enfant enlevé quelque part, et d'ignorer ce qu'on a fait de lui, s'il est vivant, s'il est mort....le meurtrier, le kidnappeur, vit peut-être dans son enfer personnel, mais cet enfer est contagieux, hélas. Ces parents sont plongés dans la Géhenne. Quant à payer pour garder ces types en taule, oui, à tout prendre je préfère ça à les mettre à mort ou à les relâcher dans la nature pour qu'ils aillent enlever d'autres mômes... Mais bon, il ne faut pas oublier qu'on a des prisons qui sont une honte pour l'humanité entière, et que ça, c'est une grande partie de ce problème. J'ai enseigné en prison et j'ai réalisé que n'importe qui, absolument n'importe qui, un jour, pour un accident de la route, une inattention, pouvait se retrouver en prison. Et croyez-moi, je ne souhaite ça à personne. Des tas de gens, dont les fous dangereux, n'ont aujourd'hui leur place nulle part. Il faut changer ça... mais si on pouvait éviter de les exterminer, ça m'irait mieux...

A Doune : Alors toi, tu sors à peine de tes cartons et tu dégaines les sujets chauds, allez hop, direct ? Non je blague... Désolée si je te fais peur, mais je crains que ce que j'ai dit à propos du sondage ne soit justifié. Hélas. Mais à l'époque de Badinter, rassure-toi, c'était déjà le cas ! La majorité a souvent été du mauvais côté dans l'histoire, au moins sur quelques points, et il faut éduquer la majorité pour en faire des individus conscients, des citoyens responsables. L'éducation civique est censée servir à ça. Si tu laisses une foule agir, elle peut suivre n'importe quel gourou ou se mettre à lyncher quelqu'un. La foule est un bon exemple. la foule n'a pas de conscience. Bref. Je ne vais pas relancer le débat, mais tu as raison d'avoir peur, Doune, et j'ai peur aussi. Souvent.

A Holly : tu n'as pas tort sur l'ironie, naturellement c'est ironique de refuser la mort d'un homme et d'accepter celle d'un embryon, mais tout dépend aussi du choix de départ, n'est-ce pas, chère philosophe ? Est-ce que les femmes sont égales face à la contraception, à l'éducation sexuelle, à la maternité ? Tu sais mieux que moi que non. Ou alors... tu vas me bombarder dès demain de références kantiennes et autres auxquelles l'inculte philosophique que je suis ne comprendra rien... Mais sans parler du cas extrême des viols, parlons de la possibilité de rattraper tant qu'il en est encore temps une erreur qu'on ne se sent pas la force d'assumer. Ou de ces gamines jetées à la rue avec leur bébé sous le bras. Ou de celles qui accouchent en ignorant qu'elles étaient enceintes ! Car ça existe, de nos jours... je l'ai vu de mes yeux, dans un documentaire récent tourné dans une maternité. Bien sûr il y a des femmes qui usent de l'avortement comme d'une contraception alors qu'elles pourraient faire autrement, ce qui ne fut pas toujours le cas. Mais finalement, Holly, c'est comme le procès d'Outreau : si on risque de faire condamner un innocent, un seul, alors il vaut mieux risquer de relâcher un coupable. Pour l'avortement c'est un peu le même cas de conscience : pour de nombreux avortements qui sont un pis aller, certes, mais justifié(le mot n'est pas très délicat, je sais... et j'espère qu'un jour l'éducation sexuelle aura progressé suffisamment pour que les filles maîtrisent vraiment leur moyen de contraception au lieu d'en venir à un acte toujours traumatisant pour elles, quoiqu'on en dise), il y a une poignée de femmes qui le font pour des raisons contestables, et nous sommes d'accord qu'un embryon, ce n'est pas, au moins symboliquement, un grain de beauté qui gêne et qu'on file se faire enlever. Mais tant de femmes, pendant tant d'années et de siècles, n'ont pas eu d'autre choix que de tuer leur bébé à la naissance faute de pouvoir l'élever (dans notre cher XIXème notamment, Holly, les statistiques sont effarantes : des légions de "filles-mères", de servantes abusées, de miséreuses...), ou de mourir des soins d'une faiseuse d'anges ou d'un médecin qui ne se lavait pas les mains et méprisait ces patientes, qu'aujourd'hui avoir le choix d'avorter est un droit qui mérite d'être défendu. Même si c'est un pis aller. Le signe de nombreux disfonctionnements de la société. Et même si un bébé qui ne naît pas, c'est pour moi, toujours, une chose infiniment triste. Mais moins triste peut-être que les enfants maltraités, torturés, battus... Evidemment, quand l'enfant ne naît pas, aucun miracle n'est possible, et tu sais que je tiens aux miracles, à leur possibilité. Mais les miracles sont si rares, Holly... et il y a tant d'enfants dont l'existence ne sera jamais qu'un long calvaire, parce que leurs parents n'étaient pas dignes ou capables d'être des parents.
Pour résumer ma position, je dirais qu'elle est conforme à celle que John Irving a défendue dans son livre "L'Oeuvre de Dieu, la part du Diable" : son héros est un médecin qui choisit d'avorter les femmes pour qu'elles n'en meurent pas, mais qui leur donne le choix : elles peuvent avorter, ou lui laisser un orphelin. Ce n'est pas l'idéal non plus... (rien ne l'est à part vivre dans un monde où les bébés naissent et vivent de l'amour de leurs parents !) mais chaque fois que je croise des gens qui osent manifester devant les hôpitaux, bardés de leur foi triomphante, j'ai envie de leur dire : Allez-vous adopter ces enfants à leurs naissance ? Et même si vous en étiez capables, ce qui n'est pas le cas, de quel droit osez-vous juger ces filles ? Que savez-vous d'elles, de leur vie ?" Si on ne peut pas leur jurer qu'on va prendre leur enfant si elles ne peuvent pas l'élever et l'aimer à leur place, le discours est vain, tu ne trouves pas? Mais Martin Winckler, un médecin et un écrivain que j'aime profondément pour son humanité, parle bien mieux que moi de la complexité de cette réalité-là. Je vous embrasse toutes les trois, Wictoria, Doune et Holly ! Merci de vos remarques et de vos argumentations très intelligentes et concernées. Ce sont des sujets sensibles. Vous exprimez à merveille des sensibilités nuancées, mais qui finalement se rejoignent dans un profond humanisme.

A May : ah, te revoilà enfin ! T'es rentrée de vacances, je suppose ? Je suis ravie que mes prescriptions t'aient plu !! C'est peu de le dire... oui, j'ai été très émue aussi par l'amour de Tessa et de son homme, et par la force de leur engagement humain.
Merci de ton commentaire, grosses bises, et reviens vite !

Anitta, ta position sur la peine de mort et l'avortement, s'il te plaît ? Allez, quoi, toi qui es journaliste à tes heures perdues...Qu'en pensent les Armvillois ? As-tu sondé le terrain ?

Bonne nuit mesdames, je vous embrasse toutes... et Tubinap, je te remercie d'avoir reglissé un peu de légèreté (non mais, pour une fois que j'avais essayé !) dans cet édito enflammé du mercredi soir...

Gaëlle a dit…

Une dernière chose : vous me faites cogiter. En fait je pense que dans les deux cas cités, les solutions devraient être trouvées en amont. Il n'y a pas assez de moyens dépensés pour venir en aide aux familles en détresse qui fabriquent des victimes et des bourreaux, des tarés à la pelle. Pas assez d'argent pour les associations type planning familial qui aident à apprendre la contraception aux gamines, ou à celles qui écoutent, soutiennent et prennent en charge celles qui sont dans une impasse quasi suicidaire. Et puis... avorter n'est pas si facile que ça. Ce n'est pas comme une opération de l'appendicite. Il y a des entretiens, de la réflexion obligée, un peu au moins... malgré tout, ce qu'on fait en amont, c'est capital. Rien ne remplacera jamais la prévention sociale.

Holly Golightly a dit…

Très rapidement, car ce débat mériterait des heures de réflexion. Je précise, à toutes fins utiles, que je porte aucun jugement positif ou négatif mais que je pose des questions.
Si je comparais avortement et peine de mort, deux choses qui paraissent éloignées, c'est parce que dans les deux cas, la société exprime une conception de la vie. A-t-elle simplement un prix (relatif) ou une valeur (absolue) ?
Si elle a une valeur, dans ce cas on la protège partout où elle est et pas seulement quand cela arrange la société ou les consciences individuelles. Si elle a un simplement un prix, donné par les circonstances, alors tout est permis...

Gaëlle a dit…

Poser des questions, Holly, c'est une des choses les plus importantes du monde. Les enfants savent ça, eux qui nous bombardent sans cesse de pourquoi et remettent en cause nos certitudes et la grande flemme qui nous pousse à nous satisfaire de semi réflexions. Merci donc, pour ces questions, qui font partie de la grande utilité du philosophe, lequel, si j'en crois Deleuze (auquel un ami et toi m'avaient rendue accro !), par sa seule présence, limite l'étendue de la bêtise humaine.

marie.l a dit…

Bonjour Gaëlle,
me voilà bien contente d'être arrivée ici, j'ai de quoi lire et lire encore, mais je ne suis pas sûre de pouvoir commenter tous ces textes trop érudits pour moi, par contre je sais que je vais m'en délecter (comme chez Holly !)

Gaëlle a dit…

Bonsoir et bienvenue Mariel ! Très heureuse de t'accueillir ici après t'avoir si souvent croisée chez Holly. Et non, tu verras, rien ici n'est trop érudit pour toi, il n'y a pas de raison! Je travaille sur mes petits billets, bien sûr, mais avant tout ce sont des coups de cœur littéraires, cinéma... et si c'est communicatif, alors je suis contente.A très bientôt j'espère, et merci d'être passée me voir !

Alhya a dit…

Tes photos de medium sont sublimes et rendent bien honneur (ainsi que ton texte, il va se soi) à cette super série, quea seuls les américains semble être capables de réaliser.. quant aux deux autres films, ce que tu en dis m'interpelle... à voir !

Gaëlle a dit…

Merci Alhya ! Je n'oublie pas que c'est toi qui la première as attiré mon attention sur cette série...

Thom a dit…

Ouf ! j'ai fini par retrouver l'article ou tu parles de "Medium" (je pense que tu comprendras que c'était d'une importance capitale pour moi :-).

Gaëlle a dit…

Ouf ! J'ai fini par trouver ton commentaire sur Medium... tu comprendras que c'était capital pour moi aussi ! (rires)

Thom a dit…

Bien évidemment...

Oh, et tout à l'heure, ma tante zappe, elle tombe sur un truc et me dit "oh oui on va regarder ça, j'adore !"...bingo, c'était "Medium". Je crois que ça me poursuit...

Flippant, non ? :))

anjelica a dit…

Cela fait un moment qu'on a pas vu Debra Winger. J'aimais bien cette actrice. Qu'est-elle devenue ?

Gaël a dit…

Debra Winger avait mit fin (temporairement) à sa carrière cinématographique pour s'occuper de sa vie de famille, choses qu'elle avait du mal à concilier. Ce départ (vers 1995) a inspiré un documentaire, intitulé "À la recherche de Debra Winger (Searching for Debra Winger)", qui se penche sur la façon dont les actrices gère leur vie professionelle et leur vie privée, mais aussi sur la difficulté pour les actrices de trouver des rôles intéressants passé la quarantaine. Ce documentaire de 2002 est réalisé par Rosanna Arquette (soeur de... l'héroïne de Médium, ou comment boucler la boucle!), actrice notamment touchée par ce phénomène. On voit dans ce documentaire Rosanna Arquette interviewer de grandes actrices sur leur métier (entre autres, Patricia Arquette, Melanie Griffith, Jane Fonda, Chiara Mastroianni...) et elle consacre un temps un peu plus long à l'entretien avec Debra Winger, devenue malgré elle un symbole de la condition féminine dans la société moderne. Très intéressant.
Il semblerait d'ailleurs qu'elle ait repris plus ou moins les chemins des studios. Ne faisant pas la une des magazines, on peut penser que le documentaire sus-mentionné avait vu juste!

disa a dit…

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