27 mai 2006

Stephen King, un écrivain dans tous ses états

Bonsoir !

Il me semblait que la soirée était le moment propice (ok, le milieu de la nuit eût été encore mieux, mais au milieu de la nuit, je DORS. J'ai mes limites) pour vous parler un peu d'un écrivain cher à mon cœur. Cher au cœur de beaucoup d'entre vous aussi, j'en suis sûre. Et sans doute y en-a-t-il aussi parmi vous qui n'ont jamais lu Stephen King, tellement est grande la peur d'avoir peur... vous connaissez la peur d'avoir peur ? C'est la pire. Alors, à ceux qui ont toujours évité Stephen King parce que c'est de la littérature qui fout la trouille, je voudrais dire deux choses : Primo, c'est de la littérature. De la bonne. Stephen King ne sera jamais sur la liste du Booker Prize parce que ses livres ont des couvertures noires, mais on s'en tape. C'est un grand écrivain. Ses personnages sont épais, crédibles, ses histoires sont complexes et se plantent dans l'imaginaire à la manière des dents de vampire. Il y a eu, depuis, une multitude de petits Stephen King, très loin d'égaler le maître. Il faut dire que ce n'est pas évident de se mesurer à quelqu'un qui écrit pour ne pas devenir fou ! Deuxio, prenez cinquante lecteurs, chacun vous racontera un Stephen King différent. Certains préfèrent les récits horrifiques, d'autres les nouvelles, d'autres encore la science fiction... ce soir, je m'en vais vous livrer "mon" Stephen King. En 4 romans. Mes préférés. J'aurais pu aussi en inclure d'autres, comme "la ligne verte" "Ça", "Cujo", "Le bazaar de l'épouvante", mais j'ai choisi quatre romans qui parlent d'un écrivain. Ou des grandes misères et des graves dangers qui guettent l'écrivain consciencieux... Alors, vous êtes prêts ? On y va.

On commence par un des plus anciens, "Shining", le deuxième livre qu'il a écrit, à l'époque où il n'imaginait pas une seconde qu'il deviendrait ce qu'il est. Beaucoup d'entre vous connaissent l'histoire : Jack Torrance est un écrivain en bout de course, ancien alcoolique devenu sobre avec difficulté, pour l'amour de sa femme Wendy et de son fils Danny. Comme ils sont fauchés, que leur mariage est au bord du gouffre, et que Jack ne sait plus comment renouer avec une potentielle carrière littéraire brisée dans l'œuf, il accepte un poste de gardien d'un hôtel immense au fin fond du Colorado, pendant la saison d'hiver, où l'hôtel est vide et fermé, où la neige vous coupe du monde extérieur, et où personne ne peut vous entendre hurler, même si votre vie en dépend. Faut-il être inconscient. Ou désespéré...
Quand on lit le livre, souvent, on se focalise sur l'enfant. Car Danny a un don. Il a le "shining", un don de voyance un peu particulier. Un "ami" imaginaire, Tony, vient lui montrer des choses qu'il ne comprend pas toujours, mais qui font peur, et il s'évanouit. Or, l'hotel où ils vont habiter des mois durant est vide de clients mais regorge de fantômes... dont Danny va faire la connaissance malgré lui.
Mais ce soir, je voulais qu'on se concentre sur Jack Torrance, l'écrivain. C'est un homme plein de blessures et de failles. Il aimerait chérir son fils et sa femme, il les aime de tout son coeur, mais il a failli une fois déjà. Il est tombé dans l'alcool jusqu'au cou, il a cassé le bras de son fils, senti le divorce menacer. Il accepte un job minable, il se fait humilier par son employeur. Et il reste seul, avec sa femme qui se méfie un peu de lui, et son fils, qui est bizarre. Et puis, il commence à être fasciné par l'immensité de l'Overlook, cet hôtel perché dans les montagnes, à 1h30 de voiture du premier village. Et un jour, il descend dans le sous-sol, et là, il tombe sur tout un tas de paperasses. Et voilà qu'elles racontent l'histoire de l'Overlook, ces paperasses. Un monceau de coupures de presse remontant du fond des temps, des photos, des cartons d'invitation, qui dressent un tableau macabre, une épopée où les stars de cinéma s'entremêlent à la mafia, aux crimes crapuleux, aux assassinats. Et ça y est, il le tient, SON livre, le livre de sa vie !

"Il y avait des années qu'il n'avait pas connu une exaltation pareille et il se sentit tout à coup capable d'écrire ce livre auquel il avait songé sans trop y croire. Et c'était ici, enterré sous ces amas de papiers, qu'il en trouverait le sujet."

Quel écrivain ne rêve pas d'un sujet en or ?.. Seulement Jack reste fragile, autodestructeur. Alors il appelle son employeur, pour lui faire part de son projet. Une belle idée : couvrir de boue la légende dorée de l'hotel, en disant la vérité. L'employeur s'en étrangle, et passant par un intermédiaire, le remet à sa place : il sera renvoyé, piétiné, s'il écrit ce livre.

" Jack resta un moment sans pouvoir parler. Le sang bourdonnait à ses oreilles. Al se prenait vraiment pour un prince Medicis du vingtième siècle, parlant à un de ses protégés : " Si tu peins nos verrues, on te jettera aux chiens. Ce n'est pas pour voir des horreurs qu'on t'a engagé. Naturellement, nous resterons amis..., nous sommes entre gens de bonne compagnie, n'est-ce pas ? Nous avons partagé le pain, le sel et la bouteille. Nous nous abstiendrons de faire allusion au collier de chien que je t'ai passé autour du cou, et je prendrai bien soin de toi. Tout ce que je te demande en échange, c'est ton âme. Peu de choses, tu en conviendras. Nous pouvons même feindre d'ignorer que tu me l'as donnée, comme nous feignons d'ignorer le collier de chien. Souviens-toi, mon ami, les rues sont pleines de mendiants qui auraient pu devenir des Michel Ange..."

A partir de là, Jack est un écrivain muselé, et il commence à perdre les pédales. Il se glisse dans les pantoufles du précédent gardien de l'Overlook, Grady, qui a fini par massacrer sa famille... Et la première fois qu'on lit le livre, on se dit que Jack devient fou parce que Danny a réveillé les fantômes de l'hôtel avec son "shining". Mais à la relecture, je pense que c'est Jack qui les a tirés de leur assoupissement, en faisant son travail d'écrivain. A l'appui de mes dires, un dernier extrait, tiré d'un passage où Jack, encore lucide, se rend compte qu'il devient fou :

" Ses hallucinations ressemblaient à de véritables manifestations psychotiques. Il était persuadé qu'il fallait voir en elles la révolte de son cerveau contre son renoncement au livre sur l'Overlook, renoncement qu'Al lui avait réclamé sur un ton si impérieux. Elles étaient peut-être le signal d'alarme qu'il finirait par perdre tout respect de lui-même. Il fallait qu'il écrive ce livre, même s'il fallait renoncer, pour ça, à l'amitié d'Al. Il raconterait l'histoire d' hôtel aussi franchement, aussi simplement que possible. [...] Il l'écrirait parce que l'Overlook l'avait ensorcelé — pouvait-on imaginer une explication plus simple ou plus vraie ? — et pour la même raison que l'on écrivait toute grande œuvre littéraire, que ce soit de la fiction ou non : pour dire la vérité, laquelle finit toujours par éclater. Il l'écrirait parce qu'il avait besoin de l'écrire."

Voilà, fort bien exprimée, la dépendance d'un auteur envers son sujet, qui ressemble parfois à celle de l'alcool (Jack a tous les symptômes de l'alcoolisme sans boire dès l'instant où l'hotel s'empare de lui), qui rend aveugle et sourd à ceux qu'on aime, qui fait tout disparaître devant les exigences du roman...

Pour continuer, accordons-nous une pause de relative détente avec "Misery". Datant de 1987, "Misery" raconte l'histoire tragicomique de Paul Sheldon, écrivain dans la force de l'âge qui, après avoir payé les études de ses enfants grâce aux aventures d'une héroïne à l'eau de rose, Misery Chastain, décide de la liquider afin de se mettre à écrire "de la vraie littérature." Il a tué son héroïne, avec plaisir et soulagement. Il a écrit un autre roman, un vrai, tandis que le dernier Misery est sous presse. Il est heureux. Il est allé écrire la fin de son livre au fin fond du Colorado (un coin dont les lecteurs de Shining ont appris à se méfier), dans un chalet, tout seul, selon un rituel superstitieux. Et voilà qu'en redescendant vers la civilisation, pris dans une tempête de neige, il a un accident fatal avec sa voiture. Enfin, pas immédiatement fatal... car il est sauvé in extremis, et par une infirmière, le veinard ! Elle va le "soigner", le couver, le chouchouter, car elle est "sa plus fervente admiratrice". Elle vit par et pour "Misery", son héroïne. Quand il découvre qu'elle est complètement tapée, c'est trop tard. Il est impotent, elle le séquestre tandis que ses proches le croient mort, et pour rester en vie, il doit racheter sa faute impardonnable, et ressusciter Misery. Ecrire pour survivre. Un écrivain prisonnier de son personnage, ça ne vous rappelle rien? ... Eh oui, Conan Doyle, qui avait tué Sherlock Holmes, lui avait tricoté une mort pleine d'élégance, et fut obligé de le ressusciter devant le tollé de ses lecteurs... On ne se défait pas si facilement d'un personnage récurrent. Voyez Patricia Cornwell, ligotée à Kay Scarpetta, à ses névroses, à ses plats italiens et ses amours insatisfaisantes... Pour revenir à "Misery", c'est un livre aussi drôle que macabre. Le héros a un humour corrosif, et il en faut, quand on est obligé de réécrire les aventures d'une héroïne qu'on a prise en grippe avec une machine à écrire où il manque la lettre n ! Et pour ceux qui auraient vu le film (excellemment joué par James Caan et Kathy Bates), le livre est encore plus drôle, et encore plus noir.

En plat de résistance, je vous propose "La part des ténèbres". Je l'aime beaucoup, parce que comme "Misery", il illustre à merveille les travers de la vie professionnelle de Stephen King. Le héros, Thad Beaumont, est un auteur qui n'a réussi à percer qu'en écrivant des romans noirs sous le pseudonyme de Georges Stark. Il vit dans le Maine, à Castle Rock, un lieu qui doit être habité exclusivement par des personnages de Stephen King, si on en croit le nombre de ses romans qui s'y déroulent ! Parfois, Thad essaie d'écrire des livres "sérieux" sous son nom, mais chaque fois, c'est un flop. Et voilà qu'un jour, il en a assez, lui aussi, il liquide Georges Stark. Comme Georges Stark est censé exister vraiment, il lui fait même de vraies funérailles, et fait part de sa mort dans la presse. Et quelques jours plus tard, alors qu'il vit peinard avec sa femme et ses deux petits jumeaux (qui ont dix-huit mois, mais sont deux personnages qui existent pleinement, preuve supplémentaire du talent de cet auteur qui incarne les enfants avec beaucoup de vérité et de respect, un peu comme Spielberg), un inconnu dont le signalement répond à celui de Stark commence à semer des cadavres le long d'une route sanglante qui mène à Thad Beaumont. Lequel réalise qu'il a donné vie à son double ténébreux en lui organisant un enterrement ! Ils vont donc se mesurer l'un à l'autre, en un duel sans merci. Car Georges Stark, qui a rendu Thad Beaumont si riche et si populaire, est très en colère, et à juste titre, contre ce créateur qui l'a renvoyé ad patres...

D'un autre côté, on peut comprendre cette soif de reconnaissance personnelle qui pousse le héros à se débarrasser de son pseudonyme. Car un pseudonyme, c'est toujours un masque. Ce n'est pas anodin de publier sous un autre nom : on le fait parfois pour séparer sa vie privée de sa vie d'auteur, et laisser le champ libre à l'artiste en soi qui n'est pas forcément "présentable" ou courtois, alors que son alter ego tient son rôle dans la société avec civilité. Il peut se former alors un couple à la "Jekill et Hyde", non sans tensions ! On peut aussi désirer brouiller les pistes de son identité sexuelle, et par la même occasion rendre hommage à une célébrité (chez Fred Vargas, la référence à Maria Vargas, nom de l'héroïne de "La comtesse aux pieds nus" jouée par Ava Gardner) ou à sa femme... comme l'auteur algérien Yasmina Khadra. Dans tous les cas, il s'agit malgré tout de donner naissance à un autre soi, qui n'appartient plus tout à fait à sa famille, ni à son entourage. Un être neuf. Ici, le pseudonyme sert à assumer à sa place ce que l'auteur estime être de la "mauvaise littérature", c'est à dire de la littérature "noire", l'inverse de la "blanche", celle qui trône aux cocktails littéraires et boit du champagne avec des gants immaculés. Et Thad Beaumont, même s'il s'est constitué un public fidèle grâce aux récits macabres de Georges Stark, rêve de reconnaissance littéraire. Au fond de lui, il aimerait ne pas être cantonné dans la littérature gothique. Il aimerait qu'on voie en lui un écrivain qui écrit sur nos angoisses, par un "auteur de thrillers". Ce sentiment est à mon avis très profondément autobiographique, mais heureusement, il y a de par le monde des gens qui ont su reconnaître depuis longtemps l'écrivain Stephen King sous l'étiquette collée une fois pour toutes par les maisons d'édition. Ce roman illustre aussi la difficulté d'un auteur à sortir de son registre. Non seulement parce qu'il y aurait pour lui le risque de semer son lectorat en route (et c'est le cas pour Thad Beaumont), mais surtout parce qu'un écrivain retourne toujours sur les lieux de ses obsessions primitives. Et si Stephen King écrit si bien sur l'angoisse, c'est parce que c'est son terreau, le carré d'herbes sauvages et vénéneuses qu'il lui faut toujours défricher pour exister en harmonie avec lui-même.

Pour le dessert, je vous ai gardé un plat de choix, une vraie pièce montée, un chef d'œuvre que même les plus trouillards d'entre vous vont aimer. Il s'agit de "Sac d'Os", écrit en 1998. Retournons dans le Maine, entre Derry et Castle Rock, au bord du lac Dark Score. Le héros, Mike Noonan, est un écrivain à succès, qui écrit un livre par an (non, 2 ! Comme Amélie Nothomb : il en publie un, et planque le deuxième dans un coffre-fort), conformément aux souhaits de son éditeur. Il a une jolie femme, Johanna, dont il est très amoureux. Il n'est peut-être pas l'écrivain qu'il aurait rêvé d'être, il n'est pas dupe de l'utilisation cynique que son éditeur fait de lui, mais ça lui va :

" Certes, je n'étais ni Thomas Wolfe, ni même Tom Wolfe, mais on me payait pour faire ce que j'aimais, et il n'y avait pas cochon plus heureux sur cette terre ; c'était comme avoir le droit de voler."

Mais un jour, sa femme se fait écraser bêtement, en traversant la rue. Et le laisse avec un cœur brisé et une gigantesque panne d'écriture. Qu'il dissimule un temps grâce aux "noisettes" qu'il a accumulées dans son coffre-fort. Puis, il arrête publiquement sa carrière, et se retire dans la maison de vacances que sa femme aimait encore plus que lui, Sara Laughs, au bord du lac. Léger problème : la maison est vide, mais il n'est pas seul. La nuit, il entend pleurer un enfant, et le matin au réveil, les lettres magnétiques qui devraient rester sages et immobiles sur son frigo ont composé des messages à son intention, comme "Hello" ou "Aide-la". Autre problème : il ignore si ses "hôtes" sont malveillants ou juste dérangeants. Et pour couronner le tout, il manque d'écraser un petite fille, laquelle a une mère charmante, et toutes les deux sont menacées par un "ogre" très réel. Et c'est comme ça que le veuf inconsolable, l'écrivain anihilé, se laisse envahir, émouvoir, terrifier, pour finalement se retrouver obligé de prendre parti, d'entrer dans la bataille. Et une nuit, après un rêve particulièrement terrifiant et énigmatique, il monte dans son bureau :

" Finalement je m'assis dans mon fauteuil, d'où montèrent les craquements habituels provoqués par mon poids, et le même grondement de roulettes lorsque je le poussai en avant, glissant mes genoux sous le bureau. Je me retrouvai assis en face du clavier, transpirant abondamment, avec toujours le souvenir du plongeoir dans la tête, avec l'impression de ressort sous mes pieds pendant que j'en parcourais toute la longueur, me rappelant de l'écho particulier qui montait des voix, en dessous, l'odeur de chlore et les pulsations régulières et sourdes du système d'aération : fwung-fwung-fwung-fwung, comme si l'eau avait son propre battement de cœur secret. Je m'étais tenu au bout du plongeoir en me demandant (et pas pour la première fois !) si je ne risquais pas de me retrouver paralysé au cas où je raterais mon entrée dans l'eau. Probablement pas, mais on pouvait en revanche mourir de peur.
[...] Vas- y ! s'écria la voix de Johanna. Ma version de cette voix était en général calme et maîtrisée. Cette fois-ci elle était limite hystérique : Arrête de lambiner et vas-y !

Je tendus la main vers l'interrupteur de l'IBM, me rappelant à présent le jour où j'avais balancé mon programme Word 6 à la poubelle. Salut, vieille branche, avais-je pensé.
"Je vous en prie, faites que ça marche, murmurai-je. Je vous en prie..."
J'appuyai sur le bouton. La machine se mit à ronronner. La sphère se lança dans un premier petit tourbillon d'essai, comme un danseur de ballet qui attend dans les coulisses de faire son entrée sur scène. Je pris une feuille de papier, vis que mes doigts y laissaient des marques de transpiration. Tant pis. Je l'enroulai, la centrai, puis écrivis :

Chapitre premier


et attendis que se déchaîne la tempête."




Et voilà. Avouez que c'est une belle description de l'angoisse de la page blanche... Pour finir, et faire une boucle avec Shining, je dirai ceci : Jack Torrance, rendu fou par sa fragilité intrinsèque et l'interdiction d'écrire son livre, et par conséquent incapable de se délivrer de l'Overlook, se perdra lui-même. Mike Noonan, des années plus tard, écrit son livre et y puise la force de combattre les ténèbres, qu'elles lui soient extérieures ou intimes : la perte vive de sa femme bien-aimée, cette plaie qui saigne encore. Dans Shining, les fantômes sont méchants, mal intentionnés. Dans "Sac d'Os", il sont en souffrance, en suspension, et peuvent basculer du mal au bien et du bien au mal en un instant. Mais dans les deux cas, ce qui est sûr, c'est que pour faire du bon travail et surmonter sa peur panique de la page blanche, l'écrivain n'a pas le choix : il doit accepter de se laisser envahir, posséder par les fantômes. Et c'est à ses risques et périls. Car s'il ne parvient pas à s'exorciser lui-même en les enfermant entre les pages de son livre tel le génie de la lampe, ils pourraient bien demeurer dans sa tête, et le rendre fou.


Bonne nuit à tous !

NB : pour ceux qui voudraient en savoir plus sur la vie de Stephen King, rendez-vous sur le site du magazine Lire, ici

20 commentaires:

Doune a dit…

Comme beaucoup de gens, j'ai longtemps casé Stephen King dans la catégorie, auteur prolifique de bouquins bâteaux... j'avais vaguement commencé "ça" mais sans succès... quelques nouvelles, mais rien de transcendant et puis, sur les conseils d'amis, j'ai lu "Sac d'Os"... un des meilleurs bouquins que je n'ai jamais lu... qui m'a même empêché de dormir une nuit entière après un passage très douloureux :S. Une vrai claque!... Du coup, je vais essayer ceux dont tu parles (sauf Shining qui me tente moins... c'est peut-être parce que j'ai vu le film)

Gaëlle a dit…

Oui, j'étais un peu comme toi au début ! Sac d'Os est un bijou, et quant à Shining, il est vraiment effrayant, mais assez différent du film (qui est excellent, dans son genre) : notamment, ce que je développe dans mon message n'apparaît pas dans le film. On ne sait rien, finalement, des "fantômes" de l'hotel. Dans le livre, tout est plus complexe, plus fouillé, plus intéressant. Si un jour tu as l'occasion de l'emprunter, essaie, juste pour voir, car on peut aimer le livre en n'ayant pas été fan du film. Film qui a d'ailleurs déçu Stephen King ! Sinon, dans une veine moins effrayante mais toujours prenante, je te conseille aussi La ligne verte (même si le film est bon, le livre est supérieur), Cujo (excellent suspense, pas gore), Dolores Clairborne et Rose Madder qui sont surtout des histoires humaines assez émouvantes, où le mal est très réel et incarné, et, dans une veine noire et comique : le Bazaar de l'Epouvante : un homme machiavélique met une ville à feu et à sang, en exauçant les rêves de ses habitants, à chaque fois contre un petit service : "faire une blague" à son voisin... il y a des scènes d'anthologie !

Gaëlle a dit…

A Doune : je viens de compléter un peu ma présentation de "La part des ténèbres", que je trouvais chiche... c'est aussi un très bon roman. Je te le conseille... bon évidemment faut alterner avec Jane Austen, histoire de dormir un peu !

Doune a dit…

^^ je suis d'ailleurs en train de lire Mansfield Park... où, pour une fois, j'accroche un peu plus que ceux que j'avais lu après "Orgueil et préjugés"... il faut avouer que c'est son meilleur roman, sans comparaison...

Anonyme a dit…

Bravo Gaëlle pour ces chroniques litteraires ! tu me redonnes l'envie de lire et de relire tous ces livres que je découvre avec un oeil nouveau. D'une façon générale, je préfère les livres de Stephen KING aux films. Les livres laissent plus de place à l'imaginaire et au fantasme.
Continue, c'est un régal.

Nan

Gaëlle a dit…

A Doune : je suis comme toi, hormis "Orgueil et préjugés" et "Raison et sentiments" j'ai du mal à vraiment entrer, au départ, dans les romans de Jane Austen. Je n'ai peut-être pas essayé suffisamment ! Donc Mansfield Park, tu me le conseilles ? J'ai commencé Persuasion vainement...

A Nan : MERCI ! Si mes petits commentaires peuvent donner envie de lire ou de relire, je suis comblée ! Je préfère aussi de beaucoup les livres de Stephen King, même si certains films sont bons aussi, comme Carrie, Rose Red, Dolores Clairborne ou la Ligne verte. Mais un film sera en général moins riche que le livre qui l'a inspiré, parce que le cinéaste ne peut pas tout mettre à l'image, il lui faut faire des choix. D'ailleurs, les bons films sont souvent ceux où le livre est trahi, laissant place à la vision du réalisateur. En fait, j'ai dû relire Shining pour cette chronique, et je l'ai redécouvert sous un jour nouveau ! Et même s'il fait très peur, je le trouve toujours aussi captivant et profond. Cependant, je me demande si Stephen King l'écrirait de façon aussi sombre, aujourd'hui... peut-être entretient-il des rapports plus pacifiques avec ses fantômes...

Véro a dit…

Bonjour Gaëlle, je découvre ton blog grâce au post de Marmite de Cathy, et cela commence par une séquence "Nostalgie". Stephen King, c'est l'écrivain de mon indépendance: l'année de mon bac, loin de la censure maternelle (;-)), j'ai découvert cet écrivain qui, tout en m'effrayant, m'a conquise. Mes préférés: Ca, pour cette formidable amitié entre gosses "de la loose"; La part des Ténèbres; Bazaar, pour la façon incroyable dont les choses se trament et se déchaînent toutes en même temps, et Minuit 2 (Langoliers et Vue imprenable). D'autres aussi!! (Shining bien sûr, La ligne verte, l'effroyabilissime Simetierre...)
Beaucoup de gens ne lisent pas King car ils ne le voient que comme un "Maître de l'épouvante", je trouve ça dommage et assez réducteur... Il faut essayer, même si finalement, on décide de ne pas y revenir!

Véro a dit…

PS: très sympa, ton p'tit bistrot! ;-)

Gaëlle a dit…

Merci véro ! Oui, j'aime beaucoup aussi la petite bande de loosers sympathiques et terrifiés (mais courageux !) de Ça. Et Simetierre, terrifiant parce qu'il parle de l'impossibilité de faire revenir les gens qu'on aime quand ils meurent... un peu comme Frankenstein, quand le docteur veut ressusciter sa fiancée. En fait c'est dommage que certains ne lisent pas Stephen King mais il faudrait presque des spécialistes pour les orienter vers tel ou tel roman selon leur personnalité et leurs goûts ! Car ils peuvent en lire un très gore, et s'en dégoûter une fois pour toutes. Alors que son œuvre est vaste et il y en a pour tous les genres de lecteurs, je pense. Merci de ta visite !

Anna a dit…

j'ai eu la chance de commencer Stephen King assez jeune pour ne pas avoir de préjugés à son sujet et tout ce que j'ai lu je l'ai adoré!
Ceux qui m'ont le plus marqué sont Shining, Carrie, Rage, Bazaar... et tous les autres dont j'ai oublié le titre.
ça fait des années que j'ai arrêté d'en lire mais tu m'as donné envie de tout relire!

sinon, ton blog a l'air passionnant, je sens que je vais y passer un moment!

Gaëlle a dit…

Merci beaucoup Anna ! Ravie de t'accueillir dans mon bistrot, et encore plus heureuse si je t'ai donné envie de relire Stephen King !

Miss Poivert a dit…

Ah la la, tout ça me donne envie de les lire, ces livres... Et oui, je ne les ai jamais lus, donc ta note risque d'être efficace. Bibliothécaire de mon état (et oui, là, j'ai encore plus honte), j'ai la chance de n'avoir que quelques mètres à parcourir pour les trouver.
Mais, si je ne les ai pas lus, j'ai par contre beaucoup aimé les films Shining et Misery, et j'avais déjà réfléchi à la façon qu'a Stephen King de mettre en scène les écrivains et la création littéraire, après leur visionnage. Je suis donc extrêmement contente de ta note, qui éclaire les choses sous un jour intéressant et vivant.

Jean-Pierre a dit…

Stephen King a été longtemps une grande passion pour moi; je me souviens que le premier que j'ai lu, c'était Cujo, mon fils aîné devait avoir un an ou deux, à l'époque. Ensuite, je les ai tous dévorés, au fur et à mesure qu'il les écrivait. Maintenant, mon fils aîné les a tous lus à son tour...

Gaëlle a dit…

Merci et bienvenue chez moi Jean-Pierre ! Je vous accueille avec joie et retournerai vous rendre visite... A bientôt !

Thom a dit…

J'aimerais bien dire : "passionnant cet article". Le problème c'est que je suis un inconditionnel de l'auteur depuis toujours, et que je n'y ai rien appris.

J'aurais pu dire : "intéressante analyse", mais en fait non, parce que c'est exactement la même que moi...

Bref je suis fatigué.

On commence à avoir trop de points communs pour que ce soit honnête.

(heureusement, il reste Irving ! :-)

Gaëlle a dit…

J"'aurais pu dire : "intéressante analyse", mais en fait non, parce que c'est exactement la même que moi..." : euh, donc tes analyses ne sont pas intéressantes, Thom ?...
Oui, comme tu dis, il nous reste Irving ! Vivement que je l'écrive, ce petit billet...
Enfin je note que même fatigué, tu as fait un effort. Tu progresses... je blague !

Thom a dit…

Ah non ! mes analyses sont géniales :)). Mais quand je lis la même analyse que moi, ça m'intéresse forcément moins que si je tombe sur une analyse totalement opposée...

(mais pourquoi je réponds toujours à tes provocations alors que je sais très bien que tu le fais exprès ???)

Gaëlle a dit…

Ah, je n'avais pas vu que tu m'avais répondu...
Merci encore !

Gaël a dit…

Très intéressante cette analyse du rôle de l'écrivain chez Stephen King (ben oui Thom, j'ai pas lu la tienne!)
Je n'ai pas lu beaucoup de ses livres, mais le thème qui m'intéresse chez lui, c'est surtout l'adolescence. À ce titre, son premier roman, "Carrie", est une analyse brillante de ce qui passe par la tête des jeunes à cet âge-là. Brian De Palma en avait tiré un film très angoissant. Malheureusement, je n'ai pas lu le roman. par contre, j'ai adoré "Christine", qu'on n'a pas encore cité, l'histoire d'un ado souffre-douleur qui devient une boule de testostérone en liberté après sa rencontre avec une vieille voiture des années 50. Comment ne pas y voir la découverte de la sexualité chez le jeune mâle en apprentissage de son corps... Un livre que tous les aods devraient lire! D'ailleurs, l'adaptation qu'en a fait John Carpenter est vraiment excellente. Une autre de ses oeuvres qui m'avaient énormément marqué était "Différentes saisons", recueil de quatre nouvelles longues, dont trois ont été brillamment adaptées pour le cinéma : "La Rédemption de Shawshank" a donné "Les Evadés", élu film préféré des Américains, Un élève doué a inspiré un film éponyme à Bryan Singer, réalisateur de "Usual Suspects", et "Le Corps" est devenu au cinéma "Stand by me". C'est notamment cette dernière nouvelle qui m'avait particulièrement ému, un hymne à l'amitié et à l'innocence à l'orée de l'adolescence. Tout le contraire du garçon que l'on découvre dans "Un élève doué", fasciné par la solution finale des Nazis, et n'hésitant pas à jouer les tortionnaires auprès d'un ancien agent SS pour qu'il lui dévoile toutes les atrocités de la guerre. Un tête-à-tête captivant et pervers, qui m'a marqué à jamais!

Nicolas a dit…

Ah! Misery! un chef-d'oeuvre, caotivant en diable, un huis clos magistral, une réussite indéniable, bref un roman extraordinaire!